Les fonds annoncés doivent notamment servir à récupérer des réservoirs de stockage actuellement loués à d'autres entreprises du secteur. Les autorités souhaitent ainsi permettre à Gepetrol Servicios de constituer des réserves couvrant entre trois et six mois de consommation. Cette stratégie vise à limiter l'exposition du pays aux retards de livraison et aux difficultés d'approvisionnement sur les marchés internationaux.
Dans l'immédiat, le gouvernement entend également reconstituer les stocks disponibles. Face aux pénuries observées dans les stations-service, le vice-président de la République, Nguema Obiang Mangue, a demandé aux distributeurs de libérer leurs réserves afin de faciliter les déplacements de la population, dans l'attente de l'arrivée des prochaines cargaisons. Au cours de cette même réunion, il a annoncé des sanctions contre Total GE et Tradex, respectivement à hauteur d'un milliard et de 500 millions FCFA, pour leurs retards d'approvisionnement.
Des difficultés de paiement qui fragilisent les importations
Lors d'une précédente réunion avec le Premier ministre, Manuel Osa Nsue Nsua, le 13 octobre, TotalEnergies, Tradex et Gepetrol Servicios avaient évoqué des obstacles au règlement de leurs fournisseurs internationaux. Les entreprises avaient notamment signalé des blocages dans les transferts internationaux au niveau de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), ainsi que des délais dans l'activation des crédits garantis par les banques.
Le gouvernement a néanmoins demandé aux ministères des Finances et du Trésor d'examiner les difficultés liées aux transferts de fonds et aux procédures de paiement. Les entreprises ont également été invitées à signaler suffisamment tôt tout obstacle susceptible de compromettre leurs livraisons.
En attendant la résolution de ces difficultés, les opérateurs ont annoncé plusieurs arrivages destinés à soulager le marché. TotalEnergies prévoit deux cargaisons de 10 000 et 11 000 tonnes en octobre, puis une autre de 10 000 tonnes en novembre. Gepetrol Servicios table sur l'arrivée de 3 000 tonnes d'essence et de gasoil autour des 21 et 22 octobre. De son côté, Tradex a annoncé une livraison de 5 000 tonnes les 22 et 23 octobre, suivie de 10 000 tonnes supplémentaires entre novembre et décembre. Au total, ces approvisionnements annoncés représentent 49 000 tonnes de produits pétroliers.
Des répercussions déjà visibles sur les transports
La pénurie commence à peser sur les déplacements et les dépenses des habitants de Malabo. Selon la presse locale, certaines courses en taxi, habituellement facturées 500 FCFA, ont atteint 1 000 FCFA. D'autres, dont le tarif se situait autour de 1 000 FCFA, ont été proposées à 1 500 FCFA, voire à plus de 2 000 FCFA.
Si les tensions se prolongent, leurs effets pourraient dépasser le secteur des transports. Les difficultés d'approvisionnement risquent également de perturber l'acheminement des marchandises et d'alourdir les coûts supportés par les ménages et les commerçants.
Une raffinerie envisagée pour réduire la dépendance extérieure
Malgré ses ressources pétrolières, la Guinée équatoriale reste dépendante des marchés étrangers pour son approvisionnement en carburants raffinés. En l'absence de capacités nationales de raffinage suffisantes, le pays doit importer une part importante des produits nécessaires à son marché intérieur.
Pour réduire cette dépendance, le gouvernement envisage la construction d'une raffinerie. Lors de la reunion du 15 octobre, les autorités ont indiqué que des experts étaient attendus en novembre 2026 pour étudier le site et préparer les travaux, dont le lancement est envisagé en 2027.
Parallèlement à ces mesures sur l'approvisionnement, les autorités veulent réformer le système de distribution des carburants et mieux maîtriser le coût des subventions. Le 14 octobre, le gouvernement a annoncé la création d'une commission interministérielle chargée de revoir le dispositif et d'améliorer le ciblage des bénéficiaires au moyen de cartes d'identification.
Selon le communiqué gouvernemental, cette réforme vise à réduire " la charge budgétaire découlant de la subvention " et à réorienter les ressources ainsi libérées vers " les secteurs sociaux ", notamment pour protéger les groupes vulnérables.
Publié le 16/10/26 15:59
La Rédaction
SN
CEMAC