Une menace invisible plane sur les cacaoyers de Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de fèves de cacao. La maladie du swollen shoot, transmise par de petites cochenilles, affecte déjà une part significative des plantations et pourrait compromettre jusqu'à 15 % de l'approvisionnement national si elle continue de progresser. Les arbres infectés montrent des gonflements des tiges et racines, un jaunissement des feuilles et une baisse drastique de leur productivité, parfois jusqu'à un tiers de rendement en moins.
Selon une étude publiée ce 02 février par l'ONG Enveritas, plus de 40 % des exploitations de cacao sont aujourd'hui touchées, contre 33 % lors de la saison précédente. Cette progression rapide inquiète producteurs et autorités agricoles, car les parcelles infectées doivent souvent être arrachées et détruites pour contenir la propagation. La Côte d'Ivoire n'est pas seule à faire face à ce fléau, le Ghana, deuxième producteur régional, connaît également une forte prévalence de la maladie, aggravant les risques pour l'approvisionnement ouest-africain.
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Les conséquences économiques pourraient être lourdes. Une réduction des récoltes en Côte d'Ivoire aurait un impact direct sur l'offre mondiale, avec des répercussions sur les prix du cacao et, par ricochet, sur les industries chocolatières et les consommateurs. Les chercheurs et agronomes multiplient les initiatives pour limiter la propagation de la maladie, en sensibilisant les producteurs à l'arrachage des arbres infectés, à la surveillance des cochenilles et à l'introduction de variétés plus résistantes.
La publication de ce rapport intervient dans un contexte où les cours du cacao sont en chute, tombés récemment sous les 4 000 $ la tonne en raison d'une demande plus faible et d'un surplus annoncé. Cependant, la menace que représente la maladie du swollen shoot sur la production ivoirienne pourrait rapidement inverser cette tendance. Les négociants et acheteurs, anticipant une baisse de l'offre, pourraient se positionner dès maintenant pour sécuriser leurs volumes, créant ainsi une pression haussière sur les prix mondiaux.
Fanuelle YAO
Publié le 05/02/26 13:59
La Rédaction
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CEMAC