Le Ghana, premier producteur d'or africain a décidé d'une valorisation de son métal jaune, en procédant au lancement officiel du raffinage local de la production, issue de l'Exploitation minière artisanale et à petite échelle (ASM). Portée par un partenariat entre le Ghana Gold Board (GoldBod), le régulateur et la Gold Coast Refinery, deuxième plus grande d'Afrique, cette initiative symbolise la volonté des autorités de capter davantage de valeur ajoutée sur le territoire national et de réduire la dépendance historique aux raffineries étrangères.
Jusqu'ici majoritairement exporté à l'état brut, l'or issu de l'or artisanale sera désormais transformé localement, selon les standards internationaux. Un changement structurel qui s'inscrit dans la stratégie plus large du gouvernement visant à formaliser le secteur, renforcer la traçabilité des flux aurifères et maximiser les retombées économiques pour l'État.
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Le lancement effectif du raffinage local fait suite à l'entrée en opération de GoldBod, désormais l'unique régulateur, acheteur et exportation d'or issu de l'exploitation artisanale. En vertu d'un accord signé le mois dernier, la Gold Coast Refinery raffinera l'intégralité de l'or ASM acquis par GoldBod, à raison d'une tonne par semaine dans un premier temps, avec une capacité technique pouvant atteindre deux tonnes hebdomadaires.
La portée stratégique de cette réforme a été mise en lumière lors d'une visite officielle de la raffinerie par le ministre des Finances et de la Planification économique, le Dr Cassiel Ato Forson, accompagné du directeur général de GoldBod, Sammy Gyamfi, et de hauts responsables des deux institutions. Cette tournée a permis de présenter l'ensemble de la chaîne de production, depuis la réception de l'or brut jusqu'à la fabrication de lingots raffinés.
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Selon le président exécutif de Gold Coast Refinery, le Dr Said Deraz, l'usine opère dans le cadre d'un partenariat technique avec la Rand Refinery d'Afrique du Sud, seule raffinerie africaine accréditée par la London Bullion Market Association (LBMA). Cette coopération vise à garantir que l'or raffiné au Ghana respecte pleinement les normes internationales de qualité, condition indispensable pour accéder aux marchés mondiaux à des conditions optimales.
Retombées économiques et création d'emplois
Au-delà de l'enjeu industriel, le raffinage local de l'or est perçu comme un puissant levier économique. Le ministre des Finances a souligné que, depuis le démarrage des activités de GoldBod en mai 2025, l'initiative a déjà généré environ 162 emplois directs et permis la mise en exploitation continue de la raffinerie, en ligne avec la politique gouvernementale d'une économie fonctionnant 24 heures sur 24.
En raffinant l'or sur place, le Ghana entend également améliorer ses recettes publiques, bénéficier de meilleurs prix à l'exportation, l'or raffiné étant plus valorisé que l'or brut et structurer durablement la chaîne de valeur de l'ASM. Les autorités y voient aussi un instrument clé de lutte contre le commerce illégal de l'or, grâce à une traçabilité renforcée de la production à l'exportation.
Publié le 05/02/26 14:19
Narcisse Angan
SN
CEMAC