La République démocratique du Congo prépare la création d'un guichet unique destiné aux grands investisseurs miniers étrangers. Cette réforme vise à regrouper au sein d'une même structure plusieurs procédures aujourd'hui réparties entre différentes administrations, afin de réduire les délais d'installation et d'exécution des projets. Elle s'inscrit dans le cadre du partenariat conclu entre Kinshasa et Washington sur les minerais critiques, tout en restant ouverte aux capitaux chinois, européens, et à d'autres investisseurs internationaux.
Selon quatre sources citées par Reuters, la future structure centralisera notamment les démarches liées à l'enregistrement des entreprises, à l'obtention des licences minières, aux obligations fiscales ainsi qu'aux exigences de conformité réglementaire. Portée par les ministères congolais des Finances et de l'Économie, l'initiative cible principalement les grands projets nécessitant de multiples autorisations administratives et bénéficiant de régimes fiscaux spécifiques.
Dans un premier temps, le guichet unique devrait concerner les coentreprises représentant plus d'un milliard de dollars d'investissements et bénéficiant d'avantages fiscaux particuliers. Le projet Sicomines, détenu par des intérêts chinois dans les secteurs du cuivre et du cobalt, figure parmi les opérations susceptibles d'entrer dans ce périmètre.
Cette réforme intervient dans un contexte de concurrence internationale croissante pour l'accès aux ressources minières congolaises. Alors que la Chine dispose déjà d'une présence dominante dans l'exploitation du cuivre et du cobalt, les États-Unis et l'Union européenne multiplient les initiatives pour sécuriser leurs approvisionnements en minerais critiques. Dans ce contexte, la simplification des procédures administratives apparaît comme un levier supplémentaire pour renforcer l'attractivité de la RDC auprès des investisseurs étrangers.
La création de cette agence doit toutefois encore être formalisée par l'adoption puis la promulgation des textes législatifs correspondants. Au moment de la publication de l'information par Reuters, les ministères congolais des Mines et des Finances n'avaient pas répondu aux demandes de commentaires.
Selon Eric Ndeh, directeur international de l'organisation de la société civile Afrewatch, la réforme pourrait néanmoins devenir opérationnelle avant la fin de l'année 2026.
Rappelons que dans le cadre de son partenariat avec les États-Unis, la RDC a approuvé lors du Conseil des ministres réuni le 11 septembre 2026 la création d'une " DRC-USA Task Force " chargée de coordonner et de suivre la mise en œuvre des projets issus de cette coopération.
Dans son compte rendu, le gouvernement congolais indique que cette cellule devra permettre de " transformer les engagements pris dans le cadre du partenariat en résultats économiques et sécuritaires concrets pour les citoyens congolais ".
Cet accord couvre plusieurs domaines stratégiques, notamment les minerais critiques, les infrastructures, la gouvernance et la sécurité. Pour Kinshasa, l'enjeu consiste désormais à convertir ces engagements diplomatiques en investissements effectifs et en projets opérationnels sur le terrain.
Claude Paul Tjeg
Publié le 22/09/26 15:43
La Rédaction
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