Le Cameroun a produit 342 700 tonnes de coton graine en 2021, contre une projection de 400 000 tonnes, selon les données de la BEAC. Ce volume représente 73,4% de la production globale de la zone CEMAC, que le pays partage avec le Tchad (123 100 tonnes, soit 26,4%) et la République Centrafricaine (1 300 tonnes soit 0,3%). Le Gabon, le Congo et la Guinée Équatoriale n'étant pas producteurs de coton.
L'essentiel de la fibre issue de cette production de coton-graine a été expédié vers les pays asiatiques. La Chine a par exemple capté 38% du coton camerounais en 2021, suivie par le Bangladesh, le Vietnam et l'Indonésie. En Centrafrique, ce produit de rente a été expédié en totalité vers l'empire du milieu. Au Tchad, les exportations se sont principalement dirigées vers l'Indonésie (47,8%) et l'Allemagne (34,8%).
Malgré un statut dominant sur cette culture de rente dans la région, le Cameroun peine à maîtriser sa production. Selon la Sodecoton, bras séculier de l'État en matière d'encadrement de la production, d'achat et de transformation du coton graine ainsi que la commercialisation de la fibre de coton, une bonne partie de la production locale est expédiée frauduleusement vers le Nigéria voisin. Ce phénomène est davantage marqué dans les localités des départements de la Bénoué et du Mayo-Louti dans la région du Nord et du Mayo-Sava, du Maya-Tsanaga et du Diamaré à l'Extrême-Nord.
C'est environ 195 000 tonnes qui auraient été expédiées illégalement vers ce pays frontalier pour la campagne 2021/2022, selon la structure étatique.
Fernand Ghokeng
Publié le 07/11/22 18:04
La Rédaction
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