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Le Cameroun échoue à trouver des investisseurs pour développer les gisements de cobalt de Nkamouna et de rutile d’Akonolinga

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Les deux appels internationaux lancés par la Société nationale des mines (Sonamines) pour trouver des partenaires au développement des gisements de Nkamouna, dans l'Est, et d'Akonolinga, dans le Centre, n'ont pas trouvé preneur. Dans deux communiqués publiés le 18 août 2026, l'entreprise publique annonce que les procédures engagées depuis janvier ont été déclarées infructueuses, faute de candidatures répondant aux critères fixés.

Pour Nkamouna, la Sonamines recherchait un partenaire technico-financier capable de développer et de mettre en exploitation un important gisement de cobalt, de nickel et de manganèse. À Akonolinga, la procédure visait à trouver un investisseur en mesure de poursuivre les travaux de recherche et de préparer la mise en exploitation du rutile. Aucun des deux appels à manifestation d'intérêt n'a donc permis de sélectionner un partenaire.

La Sonamines indique toutefois que les projets restent ouverts aux investisseurs. Elle précise être " ouverte à des négociations avec tout investisseur disposant de capacités techniques et financières avérées ". La société publique devra ainsi poursuivre les discussions avec d'éventuels candidats, alors que les deux gisements ont déjà fait l'objet de plusieurs décennies de travaux et d'importants investissements dans l'exploration.

Cet échec n'a toutefois pas mis fin à l'intérêt des investisseurs pour Nkamouna. Le projet intéresse notamment Renaissance Minerals (ARM), une structure détenue par American Renaissance Resources, un fonds américain de capital-investissement spécialisé dans les ressources naturelles. ARM cherche à obtenir un nouveau permis minier auprès du gouvernement camerounais.

Nkamouna, un projet minier déjà documenté

Le gisement de Nkamouna est pourtant bien documenté, en raison de son potentiel en minerais critiques. Situé dans la région de l'Est, il fait l'objet de recherches depuis les années 1970 et 1980, avec notamment l'intervention du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et d'organismes géologiques camerounais. Le projet a ensuite été porté à une échelle industrielle par Geovic et sa filiale Geovic Cameroon Plc.

Une convention minière a été signée en 2002 et un permis d'exploitation a été accordé en 2003 sur une superficie d'environ 1 250 km² couvrant plusieurs zones minéralisées, dont Nkamouna et Mada. Une étude de faisabilité réalisée en 2011 évaluait les réserves prouvées et probables à 68,1 millions de tonnes, avec des teneurs moyennes de 0,26 % de cobalt, 0,66 % de nickel et 1,48 % de manganèse. De son côté, la Sonamines fait état de plus de 100 millions de tonnes de réserves et d'environ 226 millions de tonnes de ressources réparties sur cinq sites.

Le projet avait été conçu autour d'une production annuelle d'environ 6 115 tonnes de cobalt et 3 297 tonnes de nickel, auxquelles devait s'ajouter la production de manganèse. Malgré ces travaux et les perspectives offertes par le gisement, Geovic n'est jamais parvenu à entrer dans la phase de production industrielle. Le permis de Geovic Cameroon Plc a finalement été retiré en février 2025, avant que la Sonamines ne récupère le projet en mai de la même année.

Akonolinga dispose aussi d'un long historique d'exploration

Le gisement de rutile d'Akonolinga présente une situation comparable. Les recherches remontent à plusieurs décennies et ont notamment porté sur les formations alluviales des rivières Djaa et Yo. En 1988, l'État camerounais et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) avaient créé la Société d'étude du rutile d'Akonolinga (Serak) pour développer le projet.

Les études historiques estimaient à plus de 500 000 tonnes le potentiel de rutile autour d'Akonolinga. En élargissant les recherches à Nanga-Eboko et à d'autres secteurs rutilifères, les ressources identifiées étaient évaluées à environ 2,85 millions de tonnes, pour une teneur moyenne de 1,05 %.

Le projet a ensuite attiré Eramet. Le groupe français a obtenu des permis d'exploration en 2019 et réalisé près de 2 000 sondages entre 2019 et 2023. Il envisageait une production d'environ 100 000 tonnes de rutile par an avant de se retirer du projet en octobre 2023. Comme Nkamouna, le site a été rétrocédé à la Sonamines en mai 2025.

 Claude Paul Tjeg

Publié le 19/08/26 17:41

La Rédaction

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