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Le Cameroun pourrait emprunter jusqu’à 2,5 milliards USD sur les marchés internationaux en 2027

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Yaoundé envisage de renforcer son recours aux marchés financiers internationaux en 2027. Selon un haut responsable du ministère des Finances interrogé par Reuters le 28 octobre 2026, le Cameroun pourrait y lever entre 1,7 milliard et 2,5 milliards USD à travers une émission d'obligations internationales.

Au plafond de cette fourchette, l'opération représenterait environ 4 % du produit intérieur brut (PIB), estimé à 59 milliards USD. Le calendrier et les modalités de cette levée de fonds seront précisés dans la loi de finances 2027, a indiqué le responsable, qui a requis l'anonymat.

La borne basse de cette fourchette correspond aux 1 000 milliards FCFA, soit environ 1,7 milliard USD, inscrits dans le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme (2027-2029). Le gouvernement prévoit ainsi de solliciter les marchés internationaux pour la deuxième année consécutive, avec un montant minimal équivalent à celui inscrit dans ses prévisions pour 2026.

Pour 2027, les besoins globaux de financement de l'État sont évalués à 3 161,5 milliards FCFA, dont 84 milliards FCFA destinés au remboursement des crédits de TVA. Pour couvrir ces besoins, le gouvernement mise sur plusieurs sources de financement, parmi lesquelles un nouvel emprunt extérieur de 1 000 milliards FCFA.

" Pour la couverture de ses besoins de financement, évalués globalement à 3 161,5 milliards en 2027, y compris le remboursement des crédits de TVA de 84 milliards, le Gouvernement envisage de recourir aux tirages extérieurs sur prêts-projets de 866,7 milliards, aux appuis budgétaires de 300 milliards (en cas de signature d'un nouveau PEF avec le FMI), aux émissions de titres publics de 400 milliards, au financement bancaire direct de 250 milliards, au tirage de ses réserves bancaires à la BEAC de 131,5 milliards et surtout à un important emprunt extérieur de 1 000 milliards, comme en 2026 ", indique le document.

Sur la base de cette programmation, l'emprunt international représenterait près du tiers des besoins de financement de l'État en 2027. À ces ressources pourraient s'ajouter 47,8 milliards FCFA d'appuis budgétaires de la Banque mondiale, attendus dans le cadre des programmes de réformes portant notamment sur le secteur de l'électricité et la gouvernance.

2026 : une enveloppe internationale encore incomplètement mobilisée

Cette nouvelle opération se prépare alors que le Cameroun n'a pas encore mobilisé la totalité de l'emprunt extérieur autorisé pour 2026. Le 21 janvier, le président Paul Biya a habilité le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, à lever jusqu'à 1 650 milliards FCFA sur les marchés intérieur et extérieur. Cette enveloppe comprend 400 milliards FCFA de titres publics à émettre sur le marché local, 250 milliards FCFA de financements bancaires directs auprès d'acteurs privés locaux et 1 000 milliards FCFA à rechercher sur les marchés internationaux.

En février 2026, Yaoundé a levé 750 millions USD, soit environ 415 milliards FCFA, à travers une émission d'euro-obligations d'une maturité de sept ans, assortie d'un différé de remboursement de deux ans. Sur la base de cette opération, il reste environ 585 milliards FCFA à mobiliser pour atteindre l'enveloppe internationale initialement autorisée.

Le gouvernement entend poursuivre cette mobilisation en 2026. Début octobre, le ministère des Finances a annoncé son intention de lever 300 millions USD supplémentaires en rouvrant l'euro-obligation à échéance 2033, assortie d'un coupon de 8,875 %. Un autre financement de 690 millions USD, présenté comme relevant de la finance environnementale, sociale et de gouvernance (ESG), est également en préparation.

Ces opérations se profilent dans un contexte de dégradation de la perception du risque souverain camerounais. Au début du mois d'octobre 2026, Fitch a abaissé la note du pays à B-, assortie d'une perspective stable. L'agence a notamment mis en avant les risques liés à une transition politique désordonnée, alors que les incertitudes entourant la succession de Paul Biya, âgé de 93 ans, persistent.

Cette dégradation pourrait peser sur les conditions auxquelles le Cameroun accédera aux marchés internationaux. La perception du risque souverain par les investisseurs influence en effet les rendements exigés pour souscrire aux obligations du pays et, par conséquent, le coût de ses emprunts.

 Claude Paul Tjeg

Publié le 29/10/26 11:14

La Rédaction

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