Camtel (Cameroon Telecommunications), Alucam (Compagnie camerounaise de l'aluminium), Socadel (Société Camerounaise d'Électricicité), le Port autonome de Douala, Sodecoton (Société de développement du coton), Sonara (Société nationale de raffinage) et la Société nationale des hydrocarbures (SNH) sont les sept entreprises publiques camerounaises classées en première catégorie par le ministre des Finances, Louis Paul Motazé. Signé le 13 août 2026, l'arrêté prend effet au 1er janvier 2026. Ce classement détermine notamment le niveau de rémunération, d'indemnités et d'avantages applicable à leurs dirigeants.
Pour établir ces catégories, le Cameroun s'appuie sur un dispositif fixé par le décret du 19 juin 2019, qui répartit les entreprises publiques en cinq groupes selon leur chiffre d'affaires moyen. À chaque catégorie correspond un régime de rémunération spécifique pour les dirigeants. La première catégorie regroupe les entreprises dont le chiffre d'affaires moyen est supérieur à 100 milliards de FCFA. La deuxième concerne celles dont le chiffre d'affaires moyen se situe entre 50 et 100 milliards de FCFA. La troisième couvre les entreprises dont le chiffre d'affaires moyen est compris entre 10 et 50 milliards de FCFA. La quatrième correspond à une moyenne entre 5 et 10 milliards de FCFA, tandis que la cinquième rassemble celles dont le chiffre d'affaires moyen est inférieur ou égal à 5 milliards de FCFA.
La classification établit ainsi un lien entre la taille économique de l'entreprise et le régime applicable à ses dirigeants. Celle arrêtée en 2026 repose sur les performances enregistrées au cours des exercices 2022, 2023 et 2024 et doit être actualisée tous les trois ans.
Jusqu'à 8 millions de FCFA sur les principaux éléments de rémunération
Pour un directeur général d'une entreprise de première catégorie, le barème prévoit un salaire de base mensuel de 6 millions de FCFA. À cette rémunération s'ajoutent une indemnité de responsabilité de 1,2 million de FCFA, correspondant au cinquième du salaire de base, et une indemnité de représentation d'environ 857 000 FCFA, correspondant au septième.
Ces trois éléments représentent environ 8,06 millions de FCFA par mois, hors autres avantages prévus par les textes. Le dispositif encadre également les avantages liés aux fonctions, notamment le logement ou la résidence de fonction, le véhicule, le carburant et les communications téléphoniques.
Le niveau de rémunération varie toutefois selon la catégorie de l'entreprise. En application du barème fixé par le décret de 2019, le salaire de base mensuel de référence du directeur général est de 4 millions de FCFA en deuxième catégorie, 3 millions en troisième, 2,5 millions en quatrième et 2 millions en cinquième catégorie.
Le mécanisme établit ainsi un lien entre la performance économique des entreprises publiques et le niveau de rémunération de leurs dirigeants. Une entreprise qui progresse vers une catégorie supérieure peut voir évoluer le régime de rémunération applicable à ses responsables. À l'inverse, une baisse de ses performances peut entraîner son classement dans une catégorie inférieure.
Le dispositif prévoit également une rémunération variable. Lorsque les conditions fixées par les textes sont réunies, une prime de résultat peut être accordée aux dirigeants et aux salariés d'une entreprise bénéficiaire. Elle est plafonnée à 10 % du bénéfice distribuable et doit être décidée par le conseil d'administration.
Cette nouvelle classification intervient toutefois dans un portefeuille public aux performances très contrastées.Chez Alucam, pourtant classée en première catégorie, le chiffre d'affaires a reculé de 15,3 %, à environ 80 milliards de FCFA, tandis que le bénéfice net est tombé à 279,3 millions de FCFA, après une perte de 23,8 milliards en 2024. Sonara, également classée en première catégorie, affichait de son côté 701,73 milliards de FCFA de dettes à court terme à fin 2025, en hausse de 37,1 % sur un an.
Claude Paul Tjeg
Publié le 18/08/26 13:56
La Rédaction
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