Le Cameroun s'apprête à mobiliser un nouveau financement extérieur pour poursuivre l'extension de son infrastructure numérique. Un décret présidentiel signé le 6 mars 2026 autorise le ministre de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire à conclure avec la banque chinoise Eximbank un accord de prêt d'un montant de 1,35 milliard de yuans, soit environ 108,4 milliards de FCFA. Selon le texte, ces ressources doivent financer la quatrième phase du projet d'extension du backbone national de transmission par fibre optique, une infrastructure qui assure l'acheminement du trafic Internet à travers le territoire camerounais.
Le projet consiste à déployer une dorsale nationale capable de transporter des volumes importants de données entre les grandes villes, les centres techniques et les points de connexion aux réseaux internationaux. Avec cette nouvelle phase, les autorités camerounaises comptent prolonger le réseau vers des localités encore peu reliées à la fibre optique. L'extension doit permettre d'améliorer la capacité de transport des données et de soutenir l'augmentation du trafic Internet observée ces dernières années.
Le projet de backbone national est déployé progressivement depuis plus d'une décennie. Les premières étapes du programme ont posé les bases du réseau. D'après des documents sectoriels du ministère de l'Économie, environ 5 000 kilomètres de fibre optique ont été installés entre 2011 et 2016 dans le cadre des deux premières phases du programme. Un autre tronçon d'environ 1 000 kilomètres avait été déployé le long du pipeline Tchad-Cameroun. L'ensemble portait alors la longueur du réseau national à près de 6 000 kilomètres. À cette période, l'infrastructure comprenait 64 sites de transmission, ainsi qu'une boucle optique reliant Yaoundé, Douala et Bafoussam destinée à sécuriser la circulation du trafic numérique sur l'axe économique principal du pays, selon des données compilées dans plusieurs travaux académiques consacrés au secteur des télécommunications.
Le déploiement s'est accéléré lors de la phase suivante. Des informations issues de documents techniques consultés par les services de l'État indiquent que plus de 4 000 kilomètres supplémentaires de fibre optique ont été installés à partir de 2017. Ces travaux ont permis d'étendre la couverture vers plusieurs localités situées dans les régions du Nord, de l'Est et du Sud.
À la suite de ces extensions, le réseau national atteignait près de 12 000 kilomètres de fibre optique et comptait 86 sites de transmission. Plusieurs boucles de sécurisation ont également été mises en place afin de maintenir la circulation des données en cas d'incident sur une portion du réseau. La dorsale camerounaise ne se limite pas au territoire national. Des liaisons ont été établies vers plusieurs pays voisins, notamment le Tchad, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine et le Nigeria, afin de renforcer l'interconnexion numérique régionale, selon des informations issues des documents de programmation du Minepat.
Perton Biyiha
Publié le 09/03/26 15:03
La Rédaction
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CEMAC