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Le Cameroun veut entrer au capital d’institutions internationales pour emprunter à meilleur coût

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Le gouvernement camerounais envisage de renforcer sa participation au capital d'institutions financières internationales afin d'accéder à des financements à des conditions plus favorables. Cette orientation figure dans la circulaire présidentielle relative à la préparation du budget de l'État pour l'exercice 2027.

" Par ailleurs, une prise de participation de l'État du Cameroun dans le capital des instances financières internationales promotrices des financements alternatifs ou innovants devra être encouragée, afin d'assouplir les conditions d'accès à ces ressources et d'accroître le volume des financements à destination du Cameroun ", indique le texte présidentiel.

Les financements alternatifs ou innovants peuvent prendre plusieurs formes : cofinancements, garanties, investissements en capital ou montages associant des ressources publiques et privées. 

Selon les statuts et les mécanismes propres à chaque organisme, cette participation peut faciliter l'accès à des prêts souverains à moyen ou long terme, à des dispositifs de cofinancement ou à des garanties destinées à réduire les risques supportés par les autres prêteurs. 

Des emprunts extérieurs de plus en plus coûteux

Cette recherche de conditions de financement plus favorables intervient dans un contexte marqué par le renchérissement du coût des emprunts du Cameroun, aussi bien sur les marchés internationaux que sur le marché régional des titres publics.

Le 30 janvier 2026, le Cameroun a mobilisé 750 millions de dollars, soit environ 415 milliards de FCFA, dans le cadre d'un placement obligataire privé. L'opération était assortie d'un coupon annuel de 8,875 % et d'un rendement de 10,125 %. une couverture du risque de change entre le dollar et l'euro a ramené le coupon effectif en euros à environ 7,79 %.

Deux ans plus tôt, en 2024, le pays avait réalisé une émission obligataire internationale de 550 millions de dollars, soit environ 332 milliards de FCFA, assortie d'un coupon annuel de 9,5 % et d'une échéance de sept ans. La comparaison de ces opérations doit toutefois tenir compte de leurs caractéristiques respectives, notamment de leur structure, de leur échéance et des conditions de couverture du risque de change.

Sur le marché régional, la tendance est également à la hausse. Le rendement moyen des bons du Trésor assimilables (BTA) du Cameroun est passé de 5,44 % en 2023 à 6,66 % en 2024, avant d'atteindre 6,96 % en août 2025. 

Dans ce contexte, la recherche de nouveaux mécanismes de financement vise notamment à diversifier les sources de ressources, à limiter la dépendance aux émissions obligataires classiques et à obtenir des conditions d'emprunt plus compétitives.

Garanties, financements multilatéraux et nouveaux instruments

Le Cameroun explore déjà plusieurs pistes pour élargir ses possibilités de financement et en réduire le coût. Le ministère des Finances a notamment annoncé son intention de mobiliser des garanties de la Banque africaine de développement (BAD) et d'ATIDI, un assureur panafricain spécialisé dans la couverture des risques liés aux investissements et aux échanges commerciaux.

Ces garanties peuvent contribuer à réduire le risque perçu par les prêteurs et, par conséquent, à faciliter l'accès à des financements à des conditions plus compétitives. Elles constituent ainsi un levier complémentaire aux prises de participation envisagées dans les institutions financières internationales.

Parallèlement, la Caisse autonome d'amortissement (CAA), dans sa note de conjoncture mensuelle de la dette publique de juin 2026, indique que le gouvernement envisage de mobiliser un prêt lié aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) de 690 millions de dollars. 

D'autres options sont également envisagées, notamment les obligations vertes, les placements privés, les partenariats public-privé et les financements assortis d'objectifs environnementaux ou sociaux.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 12/10/26 19:25

La Rédaction

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