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Le capital-risque redessine la carte technologique de l’Afrique

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En 2025, les investissements dans les start-ups africaines confirment un basculement discret mais profond : si les grands pôles historiques dominent encore, de nouveaux pays s'imposent, portés par des mégarondes et des modèles désormais éprouvés.

Par une matinée de 2025 à Nairobi, au Caire ou à Lagos, la scène se répète : des fondateurs africains signent des tours de table d'une ampleur autrefois réservée aux marchés émergents d'Asie ou d'Amérique latine. Les chiffres racontent une histoire claire. Le financement des start-up africaines n'est plus seulement en reprise, il s'élargit.

Quatre pays concentrent toujours l'essentiel des capitaux. Le Kenya arrive en tête avec près d'un milliard de dollars levés, porté notamment par d.light, spécialiste des solutions solaires hors réseau. L'Égypte suit, avec plus de 600 millions de dollars, tirés par la fintech MNT-Halan. L'Afrique du Sud et le Nigeria complètent ce quatuor de tête, grâce à des acteurs comme Zazu et Moniepoint Group. Ensemble, ces quatre marchés captent environ 82 % des financements du continent.

Mais réduire l'écosystème africain à ces seuls hubs serait passer à côté du mouvement le plus significatif de l'année.

  • L'ère des mégarondes régionales

Pour la première fois, des pays longtemps considérés comme périphériques émergent grâce à des opérations de grande taille. Au Sénégal, Wave Mobile Money a contribué à porter les levées à plus de 150 millions de dollars. Au Bénin, SPIRO, positionnée sur la mobilité électrique, a attiré à elle seule près de 100 millions de dollars. Ces transactions, rares il y a encore quelques années, signalent un changement de perception chez les investisseurs internationaux : le risque pays n'est plus un frein automatique lorsque le modèle économique est solide et scalable.

  • La profondeur plutôt que le volume

Derrière ces coups d'éclat, une autre dynamique se dessine. Des écosystèmes comme le Maroc, le Ghana, la Côte d'Ivoire ou le Rwanda ne dominent pas par la taille des montants, mais par la multiplication des transactions. Les tickets sont plus modestes, souvent inférieurs à 60 millions de dollars par pays, mais ils traduisent une densification des pipelines : plus de start-up, plus de secteurs représentés, plus d'investisseurs locaux et régionaux.

Au Maroc, l'hôtellerie et la travel tech avec Nuitée ; au Ghana, la fintech et l'agritech ; en Côte d'Ivoire, les services financiers et les plateformes B2B ; au Rwanda, les solutions à forte composante technologique soutenues par un cadre réglementaire stable. Autant de signaux faibles qui, mis bout à bout, indiquent une maturation progressive.

  • Une carte qui s'élargit

Ce que révèle 2025, ce n'est pas seulement une croissance des montants investis, mais une transformation géographique. Les grands hubs continuent de changer d'échelle, tandis que de nouveaux pays construisent patiemment des écosystèmes crédibles. L'Afrique technologique n'est plus un archipel isolé de capital-risque ; elle devient un réseau.

Reste une question, déjà sur toutes les lèvres des investisseurs : parmi ces marchés en construction, lequel sera le prochain à basculer dans la cour des grands en 2026 ? Si l'histoire récente est un guide, la surprise viendra sans doute d'un pays qui, aujourd'hui encore, lève moins, mais apprend vite.

Publié le 01/02/26 08:37

La Rédaction

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