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Le coton ouest-africain à la Coupe du monde : Sidi Mohamed Kagnassi y voit un symbole pour le continent

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La FIFA et l'OMC ont confié à l'Afrique de l'Ouest la confection d'une partie des maillots de la Coupe du monde 2026. Ce contrat s'inscrit dans le " Partenariat pour le coton ", destiné à accélérer l'industrialisation de " l'or blanc " dans les pays du C4+ : Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Mali et Tchad. Spécialiste du secteur, Sidi Mohamed Kagnassi salue ce soutien à la transformation locale du coton, condition sine qua non pour en faire un vecteur d'indépendance économique de l'Afrique de l'Ouest.

La Coupe du monde est l'événement sportif le plus suivi de la planète. Voir des équipes y porter des maillots intégralement produits en Afrique de l'Ouest, dans des usines locales, à partir du coton local, est un beau symbole pour le continent ", se félicite l'homme d'affaires Sidi Mohamed Kagnassi, propriétaire d'Ivoire Coton. 

Début mars 2026, la FIFA et l'OMC ont en effet annoncé que l'Afrique de l'Ouest fabriquerait une partie des maillots et équipements de la Coupe du monde 2026. Les premiers prototypes, confectionnés dans la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) au Bénin, ont été dévoilés à Yaoundé, lors du forum d'affaires organisé en amont de la Conférence ministérielle de l'OMC, fin mars. 

Ces maillots marquent un premier aboutissement du " Partenariat pour le coton ", lancé en 2022 par la FIFA et l'OMC, qui rassemble cinq des principaux producteurs africains, le " C4+ " : Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Mali et Tchad. Cette initiative bénéficie du soutien de la Banque africaine de développement (BAD), d'Afreximbank, ainsi que d'agences onusiennes et d'acteurs privés. 

Pour une chaîne de valeur africaine 

Le partenariat vise à donner aux pays concernés la maîtrise de l'ensemble de la chaîne de valeur du coton – production, transformation, exportation –, notamment sur le segment des vêtements de sport. " Avec le coton, comme pour beaucoup de matières premières, l'essentiel de la valeur ajoutée est généré lors de la transformation et de la commercialisation des produits finis. Aujourd'hui, elle est captée par les pays industrialisés et échappe aux travailleurs africains ", souligne Sidi Mohamed Kagnassi. 

Environ 98% du coton de la région est exporté sous forme de fibre brute. Le but est de changer cela ", a déclaré Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l'OMC, lors du forum de Yaoundé. La priorité est d'équiper les cinq pays du C4+ d'unités de transformation compétitives, sur le modèle de celles de la GDIZ béninoise. Cette zone fabrique déjà des vêtements conformes aux standards internationaux. 

Il faut s'inspirer du Bénin. Dans les années 2010, le pays a multiplié par cinq sa production de coton, jusqu'à devenir le premier producteur africain. Le gouvernement a alors investi dans l'industrie de transformation : il en récolte les dividendes aujourd'hui. Les quatre autres membres du C4+ doivent suivre cette trajectoire ", insiste Sidi Mohamed Kagnassi. 

Lors du forum de Yaoundé, les cinq pays ont d'ailleurs lancé, avec l'OMC, la plateforme d'investissement du " Partenariat pour le coton ". Elle propose aux financeurs des projets structurés, assortis de perspectives de rentabilité, pour la période 2026-2030. 

Attirer les capitaux et industrialiser l'Afrique, priorité de l'OMC 

Selon l'OMC, un apport de 12 milliards de dollars (10,2 milliards d'euros) sur dix ans permettrait de " libérer tout le potentiel du secteur ". Un tel niveau d'investissement pourrait générer environ 500 000 emplois directs et 1,5 million d'emplois indirects. Il permettrait d'accroître la valeur ajoutée locale et d'améliorer la balance commerciale des pays concernés. En produisant des biens finis, ces derniers pourraient réduire leurs importations textiles et augmenter la valeur de leurs exportations, aujourd'hui dominées par la fibre brute. 

Nous disposons d'une main d'œuvre jeune et dynamique (...). Le Partenariat pour le coton nous apporte une feuille de route crédible, des études de faisabilité et un cadre institutionnel clair pour les investissements ", s'est félicité le ministre de l'Industrie et du Commerce du Mali, Moussa Alassane Diallo. 

Au-delà du coton, l'industrialisation du continent constitue l'une des priorités du mandat de Ngozi Okonjo-Iweala à la tête de l'OMC. L'institution veut accélérer la transformation locale des ressources naturelles africaines : minerais précieux et stratégiques, pétrole, coton, cacao ou café. Pour le ministre du Commerce du Cameroun, Luc Magloire Mbarga Atangana, le coton constitue " l'un des leviers les plus prometteurs " de cette stratégie. 

La question n'est plus de savoir ce que l'Afrique produit, mais ce qu'elle choisit de devenir. La maîtrise des chaînes de valeur, l'industrialisation et la transformation locale constituent aujourd'hui les véritables moteurs de notre souveraineté économique. Dans le coton comme les autres secteurs stratégiques, l'enjeu est clair : faire de l'Afrique non plus un fournisseur de matières premières, mais un créateur de valeur à l'échelle mondiale ", conclut Sidi Mohamed Kagnassi.

Publié le 11/06/26 09:01

Communiqué

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