La République démocratique du Congo (RDC) devra encore patienter avant de connaître l'issue de son processus de retrait de la liste grise du Groupe d'action financière (Gafi). Réuni en séance plénière le 19 juin 2026, l'organisme international a estimé que Kinshasa avait pratiquement achevé les réformes exigées depuis son inscription sur cette liste en octobre 2022. Toutefois, la décision finale reste suspendue à une mission de vérification sur le terrain, dont la tenue est retardée par la situation sanitaire liée à l'épidémie d'Ebola.
Selon le Gafi, " la RDC a largement achevé la mise en œuvre de son plan d'action et cela justifie une visite sur place afin de vérifier que les réformes en matière de LBC/FT ont effectivement commencé à être appliquées et sont pérennes, et que l'engagement politique nécessaire est maintenu pour garantir la poursuite de leur mise en œuvre à l'avenir ".
L'organisation précise toutefois qu'" elle continuera de suivre l'évolution de la situation afin de s'assurer qu'une visite sur place puisse être effectuée dans des conditions de sécurité adéquates ". Cette mission constitue en effet l'ultime étape avant une éventuelle radiation de la liste des juridictions placées sous surveillance renforcée.
Concrètement, selon le communiqué du Gafi, la RDC a finalisé son évaluation nationale des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, puis adopté une stratégie nationale de lutte contre ces phénomènes. Les autorités ont également désigné des superviseurs pour l'ensemble des entreprises et professions non financières désignées et mis en place un dispositif de supervision fondé sur les risques.
Par ailleurs, le pays a renforcé les capacités de sa Cellule de renseignement financier, amélioré les moyens des services d'enquête et de poursuite en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, et démontré l'application effective des sanctions financières ciblées liées au financement du terrorisme et de la prolifération.
Pour mémoire, depuis son placement sur la liste grise en octobre 2022, la RDC est considérée comme une juridiction présentant des déficiences stratégiques dans son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération. Cette classification entraîne des conséquences directes sur les relations financières du pays avec le reste du monde.
En effet, les banques et les institutions financières étrangères sont généralement amenées à renforcer leurs contrôles sur les opérations en provenance ou à destination de la RDC. Ces procédures supplémentaires peuvent ralentir les transferts de fonds, renchérir les coûts de transaction et compliquer l'accès du pays aux financements internationaux. Une sortie de la liste grise constituerait donc un signal positif pour l'attractivité financière et l'intégration de la RDC dans les circuits financiers internationaux.
Perton Biyiha
Publié le 24/06/26 09:38
La Rédaction
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CEMAC