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Le réseau d'interconnexion électrique de la CEMAC, le moins développé des 5 pools régionaux du continent africain

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Le rapport 2026 de l'African Energy Chamber dresse un constat sans détour sur l'intégration électrique en Afrique centrale. Sur les cinq pools régionaux recensés sur le continent (sud, est, ouest, centre et nord), le document affirme que " le Central African Power Pool (CAPP) reste le moins développé, avec des échanges transfrontaliers minimes et une infrastructure limitée ". L'instabilité politique, une gouvernance faible et le manque d'investissement sont cités comme les trois freins structurels à sa progression.

Le contraste est frontal avec le pool sud-africain, présenté comme la référence continentale. Le rapport souligne que le Southern African Power Pool (SAPP) " se distingue comme le plus avancé et le plus performant ", porté par un cadre institutionnel robuste, un fort degré d'interconnexion des réseaux et un marché électrique compétitif et transparent. Le pool ouest-africain (WAPP) et le pool est-africain (EAPP) sont eux aussi jugés en progrès, malgré des difficultés de financement et de fragmentation réglementaire, quand la Cemac reste à la traîne sur tous les indicateurs.

Cette faiblesse structurelle du CAPP intervient alors que la demande électrique du continent est appelée à plus que doubler, passant d'environ 1 028 TWh en 2025 à 2 291 TWh en 2050 selon les projections du rapport. Le gaz naturel devrait représenter 45% de la production électrique continentale à cet horizon, mais le document précise que les difficultés d'infrastructure et de chaîne d'approvisionnement ont jusqu'ici freiné cette montée en puissance, un constat qui s'applique directement à la zone Cemac où le potentiel gazier reste largement sous-exploité pour la production domestique d'électricité.

L'Afrique tente néanmoins de corriger sa fragmentation énergétique à l'échelle continentale. Le rapport évoque l'African Single Electricity Market, porté par l'Union africaine, qui ambitionne de créer d'ici 2040 le plus grand marché électrique au monde en harmonisant les standards techniques et les cadres réglementaires entre régions. Mais le document reconnaît que ce projet se heurte à des obstacles considérables : distances géographiques, incompatibilités techniques, besoins d'infrastructure massifs et divergences d'intérêts nationaux, autant de facteurs qui pèsent plus lourdement encore sur une zone Cemac déjà en retard.

Idrissa Diakité

Publié le 19/08/26 15:11

La Rédaction

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