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Le Tchad négocie avec le nigérian Greenville LNG pour sécuriser l’approvisionnement de sa future centrale à gaz

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Le Tchad discute avec Greenville LNG, une entreprise nigériane spécialisée dans la production et la distribution de gaz naturel liquéfié (GNL), en vue d'approvisionner sa future centrale électrique à N'Djamena. Une délégation conduite par le ministre de l'Eau et de l'Énergie, Passalé Kanabé Marcelin, séjourne au Nigeria depuis le 15 octobre 2026 afin d'évaluer les capacités du groupe et d'examiner les conditions d'un éventuel contrat d'approvisionnement.

La centrale concernée est construite par Sonelgaz International, filiale du groupe énergétique public algérien Sonelgaz. Lancé officiellement le 8 juin 2026 dans la zone industrielle de Farcha, à N'Djamena, le projet prévoit l'installation de turbines à gaz d'une capacité de production de 40 MW. La disponibilité du combustible constitue donc un préalable essentiel à la mise en service et à l'exploitation de l'infrastructure.

Selon un communiqué des autorités tchadiennes, la mission porte également sur " la possibilité de déployer de nouvelles centrales à gaz, dans le cadre d'un partenariat avec le Groupe Green Ville-LNG ". À ce stade, aucune conclusion sur la signature d'un contrat n'a toutefois été annoncée.

Le GNL acheminé par camions, une option pour le Tchad

Pour évaluer la faisabilité de ce partenariat, la délégation tchadienne a visité, pendant quatre jours, trois sites de Greenville LNG à Kaduna, Port Harcourt et Maiduguri. D'après le communiqué officiel, ces déplacements ont permis aux responsables de " mieux comprendre le processus technique de transformation du gaz brut en gaz liquéfié ".

Le modèle industriel de Greenville LNG repose sur la liquéfaction du gaz naturel, puis son transport par camions-citernes jusqu'aux sites de consommation. Cette solution permet d'approvisionner des installations éloignées des gazoducs, à condition de disposer des infrastructures nécessaires au stockage et à la regazéification du combustible avant son utilisation.

Pour le Tchad, pays enclavé d'Afrique centrale, ce dispositif pourrait constituer une alternative à la construction immédiate d'un gazoduc transfrontalier. Sa mise en œuvre supposerait néanmoins d'organiser la chaîne logistique entre le Nigeria et N'Djamena, ainsi que les équipements nécessaires à la réception et à l'utilisation du GNL.

Greenville LNG dispose d'une usine de liquéfaction à Rumuji, dans l'État nigérian de Rivers, près de Port Harcourt. La capacité annoncée pour sa première phase atteint 2 250 tonnes de GNL par jour. L'entreprise indique également disposer de plus de 800 citernes et livrer les sites visités à raison de huit citernes par jour, selon les autorités tchadiennes.

L'intérêt du Tchad s'inscrit dans la stratégie d'expansion régionale de Greenville LNG, qui cherche à développer ses activités au-delà du marché nigérian, notamment au Cameroun, au Burkina Faso et au Bénin. Un éventuel accord avec N'Djamena lui permettrait de conquérir un nouveau débouché et de renforcer sa présence en Afrique centrale.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 19/10/26 09:48

La Rédaction

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