À Ouagadougou, l'Organisation internationale du Travail (OIT) et l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont enclenché une nouvelle étape de leur coopération. Objectif affiché, bâtir une réponse régionale plus structurée au défi majeur de l'emploi des jeunes dans l'espace UEMOA, où la pression démographique continue de mettre à l'épreuve les marchés du travail.
Réunis le 3 février 2026 au siège de la Commission de l'UEMOA, les dirigeants des deux institutions ont avancé sur la conception d'un programme conjoint couvrant la période 2026 à 2030. Une initiative ambitieuse qui vise à faciliter l'accès durable des jeunes de 15 à 35 ans à des emplois décents et productifs, tout en renforçant les fondations économiques des États membres.
Une réponse régionale à un défi structurel
Conduite par Coffi Dominique Agossou, directeur régional adjoint de l'OIT pour l'Afrique, la délégation a souligné la nécessité d'une approche coordonnée face à des difficultés largement partagées dans la sous-région. Faible création d'emplois formels, inadéquation entre compétences et besoins des entreprises, poids du secteur informel et vulnérabilité accrue des jeunes femmes restent au cœur des préoccupations.
Le futur programme conjoint entend agir simultanément sur plusieurs leviers clés. Il s'agit d'abord de stimuler la demande d'emplois en soutenant l'investissement productif, tout en améliorant la productivité des micro petites et moyennes entreprises, véritable colonne vertébrale des économies de l'UEMOA. L'initiative prévoit également de renforcer l'employabilité des jeunes par une meilleure adéquation entre formation et besoins du marché, ainsi que d'améliorer la qualité des emplois existants.
Des résultats concrets attendus
Pour l'OIT, l'enjeu est de dépasser les dispositifs fragmentés. ‘'Ce programme traduit une ambition partagée de répondre de manière structurée et régionale aux défis persistants de l'emploi des jeunes'', a insisté Coffi Dominique Agossou, mettant en avant la combinaison du leadership politique, de l'expertise technique et des normes internationales du travail.
Même tonalité du côté de la Commission de l'UEMOA. Ndeye Coumba Diop, directrice du bureau pays de l'OIT couvrant 6 États membres, a rappelé la vocation opérationnelle du projet. L'objectif est de générer des effets tangibles pour les jeunes, en particulier les jeunes femmes, en renforçant les liens entre compétences, investissement productif et opportunités d'emplois décents, tout en respectant les priorités nationales et régionales.
Un engagement politique affirmé
Le président de la Commission de l'UEMOA, Abdoulaye Diop, a salué la solidité du partenariat avec l'OIT et réaffirmé l'engagement de l'Union à accompagner la mise en œuvre du programme. Les équipes techniques des deux institutions sont désormais mobilisées pour finaliser le document stratégique et préparer son lancement.
Dans une région où plus de la moitié de la population a moins de 25 ans, cette initiative conjointe apparaît comme un test grandeur nature de la capacité des institutions régionales à transformer la dynamique démographique en levier de croissance inclusive. Les 5 prochaines années diront si cette coopération renforcée parvient à convertir l'ambition politique en emplois durables.
Publié le 06/02/26 18:42
La Rédaction
SN
CEMAC