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Lutte contre la contrefaçon en Afrique : la stratégie d'Oberthur Fiduciaire face aux défis de l'économie informelle

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Le marché de l'impression de billets de banque en Afrique fait l'objet d'une compétition technologique intense. Pour faire face aux risques de contrefaçon, les banques centrales s'appuient sur des technologies de sécurité avancées proposées par leurs partenaires. Une collaboration de long terme qui s'ajuste aujourd'hui aux nouvelles exigences de sécurité du continent.

En Afrique, l'économie informelle pèserait entre 30 et 40% du PIB selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), et concentrerait même un peu plus de 80% des emplois existants selon l'Organisation internationale du Travail (OIT). Des chiffres globaux qui masquent des réalités très variées, certains pays d'Afrique sub-saharienne étant même encore plus dépendants à l'économie informelle. Un constat qui constitue une véritable faiblesse pour les rentrées fiscales des États concernés, mais qui pousse aussi ces derniers à une très grande vigilance concernant la sécurité de leur monnaie nationale.

Oberthur Fiduciaire présent partout sur le continent

Les banques centrales africaines partagent une priorité commune : protéger leur territoire contre la circulation de billets contrefaits. Le contrôle de la monnaie fiduciaire constituant un pilier de la souveraineté économique, de nombreux instituts d'émission accordent leur confiance, parfois depuis plusieurs décennies, au groupe français Oberthur Fiduciaire. L'imprimeur a notamment noué des partenariats industriels durables avec la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) basée à Dakar — qui regroupe le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo — ainsi qu'avec la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) basée à Yaoundé, qui réunit le Cameroun, la Centrafrique, le Congo-Brazzaville, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad.

Ces dernières années, Oberthur Fiduciaire a également consolidé sa présence au-delà de ses zones historiques en remportant plusieurs appels d'offres compétitifs. Ce fut le cas en 2024 avec la République démocratique du Congo (pour la coupure de 200 francs congolais) et le Burundi (pour le billet de 2 000 francs burundais). Plus récemment, l'entreprise a collaboré avec l'Île Maurice (dès 2019 pour le billet de 200 roupies, puis en 2025 pour celui de 100 roupies) ou encore avec le Botswana en 2025, à l'occasion de l'émission du billet de 50 pula commémorant le 50ᵉ anniversaire de la Banque centrale du pays. Une liste de références qui continue de s'étendre.

Sécurité et technologie au service des banques centrales

Ce positionnement de l'imprimeur sur le marché africain s'appuie principalement sur les innovations technologiques intégrées à ses produits. " La nouvelle gamme de billets BEAC "type 2020" comporte des signes de sécurité renforcés relevant des technologies modernes les plus avancées, qui rendent ces coupures difficilement falsifiables par les contrefacteurs, et les tentatives de contrefaçons détectables aisément par les utilisateurs avertis ", se félicitait l'année dernière Yvon Sana Bangui, le gouverneur de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC). Ce sont précisément ces dispositifs de sécurité de dernière génération qui permettent à l'entreprise de répondre aux exigences techniques rigoureuses des gouverneurs des banques centrales africaines.

Pour le fabricant, il est vital de toujours garder une longueur d'avance sur les faux-monnayeurs. Car le temps où les faussaires – à l'image de Jan Bojarski, mis à l'honneur en 2025 au cinéma – travaillaient seuls dans une cave ou un garage, burin à la main, est totalement révolu. Aujourd'hui, les réseaux de grand banditisme – en Europe comme en Afrique – se sont professionnalisés et font appel à des ingénieurs. " Nous cherchons en permanence à préserver une bonne longueur d'avance technologique, assure Thomas Savare, président d'Oberthur Fiduciaire. Nous dépensons environ 5% de notre chiffre d'affaires en recherche et développement (R&D). Nous déposons régulièrement de nouveaux brevets couvrant les technologies que nous mettons en œuvre, en particulier dans deux champs de R&D : la sécurité (avec les technologies anti-scanner ou les patchs à effets optiques par exemple), et la durabilité du billet de banque. "

Sécurité et technologie au service des banques centrales

Sécurité et durabilité sont aujourd'hui les deux maîtres-mots de l'industrie fiduciaire. Pour la première, Oberthur Fiduciaire s'appuie donc sur son département de R&D pour breveter régulièrement de nouveaux systèmes anti falsification tels qu'Anima (micro-optique), Labyrinth (fonds de sécurité anti-scanner), ou encore Pulsar (fils de sécurité à mouvement). " Au fil des années, nous avons développé une expertise exceptionnelle, couvrant toutes les étapes, de la fabrication du papier fiduciaire à l'intégration de nombreux éléments de sécurité conçus par notre département R&D, avance Étienne Couëlle, Directeur Général chez Oberthur Fiduciaire. Notre chaîne d'approvisionnement constitue un autre de nos atouts majeurs : nous maîtrisons l'intégralité du processus de fabrication – des éléments de sécurité jusqu'aux billets imprimés –, ce qui rend nos billets particulièrement difficiles à contrefaire. " Mais la lutte contre la contrefaçon n'est pas le seul objectif poursuivi par le fabricant de billets.

La durabilité est en effet essentielle pour les banques centrales. Traditionnellement, ces dernières renouvellent les billets en circulation en moyenne tous les deux ans afin de jouir des nouvelles technologies liées à la sécurité. Mais la durabilité des billets recouvre aussi des aspects moins connus du grand public, comme l'hygiène et la lutte contre les vecteurs de transmission de virus et de microbes. Et là, Oberthur a une longueur d'avance sur ses concurrents, grâce à la technologie Bioguard, développée il y a plus de 20 ans pour lutter contre la grippe H1N1, et plus généralement contre les virus, les bactéries et autres champignons microscopiques. Depuis, d'autres virus comme le COVID-19 ou Ebola ont fait la Une de l'actualité. " Cette garantie de sécurité sanitaire a été appliquée à des milliards de billets dans le monde et s'est révélée très efficace contre le virus de la COVID-19, comme l'ont confirmé des laboratoires indépendants, poursuit Étienne Couëlle. Cette efficacité ne doit rien au hasard : elle est le fruit des efforts constants de nos équipes pour perfectionner la solution. Plus de dix milliards de billets de banque à travers le monde sont traités avec la solution Bioguard, dont l'innocuité totale pour l'homme et l'environnement a été démontrée. "

La fabrication de nouveaux billets de banque illustre la capacité d'innovation des industriels à répondre aux besoins de sécurité des banques centrales. Alors que les moyens de paiement numériques progressent, la modernisation technologique du billet physique reste, pour ces institutions, le principal rempart pour maintenir la confiance dans la monnaie nationale.

Publié le 04/11/26 09:55

La Rédaction

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