La production industrielle d'or du Mali retrouve des couleurs. En effet, après une année 2025 marquée par une baisse des volumes et des tensions entre l'État et plusieurs compagnies minières, le secteur aurifère malien a enregistré un net rebond au premier semestre 2026. Selon les données du ministère des Mines, ce sont 23,5 tonnes d'or industriel qui ont été produites entre janvier et juin, contre environ 18 tonnes sur la même période de 2025, soit une progression d'environ 30%.
Cette performance dépasse également les anticipations des autorités, qui tablaient sur 21,2 tonnes au premier semestre. Elle place ainsi le Mali sur une trajectoire favorable pour atteindre, voire dépasser, son objectif annuel de 43,2 tonnes.
Le rebond est particulièrement significatif après la contre-performance enregistrée en 2025. La production industrielle d'or avait alors reculé à 42,2 tonnes, contre 54,8 tonnes en 2024 et un niveau record de 66,5 tonnes en 2023. Cette baisse était intervenue dans un contexte tendu entre les autorités maliennes et certains groupes miniers, alors que Bamako cherchait à accroître la contribution du secteur aurifère aux finances publiques et à renforcer la participation de l'État dans l'exploitation des ressources naturelles.
Fekola conserve son leadership
Dans le détail, Fekola, le complexe aurifère exploité par B2Gold, reste le principal contributeur à la production industrielle malienne. La mine a produit 8,85 tonnes d'or au premier semestre, soit près de 38% de la production industrielle enregistrée sur la période. Le complexe Loulo-Gounkoto, exploité par Barrick Mining, arrive derrière avec 6,9 tonnes. Cette performance est particulièrement notable puisque le complexe avait été affecté par un arrêt prolongé de ses activités dans le contexte du différend opposant l'entreprise aux autorités maliennes. Les autres principaux contributeurs sont Allied, avec 3,5 tonnes, et Resolute, avec 3 tonnes.
Bamako veut davantage de revenus miniers
Depuis plusieurs années, le Mali cherche à renforcer le contrôle de l'État sur son secteur minier et à augmenter la part des revenus revenant aux finances publiques. Ainsi, le code minier adopté en 2023 a notamment renforcé la participation de l'État dans les projets miniers. Les autorités ont également engagé des discussions avec plusieurs compagnies afin de revoir les conditions d'exploitation et de partage de la valeur créée par les ressources naturelles.
Cette stratégie avait déjà permis au secteur extractif de générer 978,29 milliards FCFA de recettes publiques en 2024, un niveau record selon les données officielles. Mais la baisse des volumes en 2025 a limité l'effet positif de la hausse des cours de l'or sur les recettes publiques. Le redressement de la production en 2026 pourrait donc offrir aux finances maliennes un environnement beaucoup plus favorable.
Menankoto ouvre une nouvelle perspective
La dynamique actuelle pourrait par ailleurs être renforcée par l'arrivée de nouveaux projets. Le Conseil des ministres malien a accordé récemment un permis d'exploitation minière à grande échelle au projet Menankoto, porté par B2Gold. Cette autorisation ouvre la voie au développement d'une nouvelle mine aurifère dans le pays. B2Gold prévoit une production de plus de 150 000 onces d'or par an à partir de 2028 pour Menankoto.
Le projet vient s'ajouter à d'autres initiatives destinées à accroître les capacités de production du Mali, notamment Kobada, porté par Toubani Resources. Ce projet est conçu pour produire environ 162 000 onces par an et vise une première production en 2027.
Publié le 20/08/26 08:25
Narcisse Angan
SN
CEMAC