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Mamadou Sangafowa COULIBALY, ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie : ‘’Les secteurs extractifs et l’énergie sont les leviers d’un nouveau cycle de croissance pour la Côte d’Ivoire’’

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Mamadou Sangafowa COULIBALY, ministre des Mines, du Pétrole et de l'Energie :

Les secteurs extractifs et l'énergie sont les leviers d'un nouveau cycle de croissance pour la Côte d'Ivoire

À la tête d'un ministère devenu l'un des piliers stratégiques de l'économie ivoirienne, Mamadou Sangafowa COULIBALY déroule une vision ambitieuse et structurée pour les secteurs des mines, du pétrole et de l'énergie. Dans cet entretien sans détour, le ministre revient sur les réformes engagées, les résultats obtenus, et dessine les contours d'un futur où l'or et le pétrole deviennent les moteurs d'une croissance inclusive, durable et souveraine. Objectif : faire de la Côte d'Ivoire une référence continentale, tant par ses performances que par la rigueur de sa gouvernance.

Monsieur le Ministre, quel est l'enjeu stratégique des secteurs extractif et énergétique pour la Côte d'Ivoire aujourd'hui ?

Nous vivons une époque où la demande énergétique explose, portée par la croissance démographique, l'urbanisation et l'émergence de nouveaux usages comme l'intelligence artificielle. Dans le même temps, les exigences environnementales poussent à une transition accélérée vers des énergies plus propres, lesquelles reposent largement sur des ressources minérales stratégiques le lithium, le cobalt ou les terres rares que l'Afrique détient en abondance.

Pour un pays comme la Côte d'Ivoire, ces dynamiques mondiales recoupent des enjeux de souveraineté : assurer notre sécurité énergétique, valoriser nos ressources dans l'intérêt national, et éviter le piège de la simple extraction sans gouvernance rigoureuse. Nous devons tirer parti de notre sous-sol encore largement sous-exploré, tout en veillant à une exploitation responsable, durable, et profitable à nos populations. Ajoutez à cela l'impact des crises géopolitiques sur les chaînes d'approvisionnement mondiales, et vous comprenez pourquoi les mines, le pétrole et l'énergie sont devenus des secteurs stratégiques.

Quels sont les résultats concrets obtenus dans les mines, le pétrole et l'énergie depuis 2011 ?

Depuis 2011, notre capacité de production électrique est passée de 1 100 à plus de 3 000 mégawatts

Les résultats parlent d'eux-mêmes. Depuis 2011, notre capacité de production électrique est passée de 1 100 à plus de 3 000 mégawatts. Nous avons étendu la couverture électrique à l'ensemble du territoire, avec un accès quasiment universel dans les localités de plus de 500 habitants.

Dans les mines, la production d'or est passée de 13 tonnes à près de 60 tonnes aujourd'hui. Nous avons relancé des filières clés (nickel, manganèse, bauxite), identifié de nouveaux minerais comme le coltan et le lithium, et attiré des investissements structurants. 

Baleine et Calao repositionnent la Côte d'Ivoire sur la carte des futurs producteurs majeurs du continent. 

Dans les hydrocarbures, les découvertes récentes de Baleine et Calao repositionnent la Côte d'Ivoire sur la carte des futurs producteurs majeurs du continent. Tout cela résulte d'un effort continu de réforme : nouveau code minier en 2014, amélioration du climat des affaires, incitations aux investisseurs, stabilité politique. Mais nous devons encore progresser, notamment en matière d'intégration locale, de gouvernance environnementale et de structuration industrielle.

Quelle est la vision que vous portez à la tête de ce secteur hautement stratégique pour la Côte d'Ivoire ?

Tout part de la vision du Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, lui-même, qui a décidé de faire de notre pays, un pays à revenu intermédiaire de la classe supérieure à l'horizon 2030. Dès lors, pour nous, la vision qui en découle est claire : faire de ces secteurs les moteurs d'une nouvelle phase de croissance pour notre pays. Cela signifie qu'ils doivent non seulement générer des revenus, mais aussi entraîner l'économie nationale dans son ensemble – en créant de l'emploi qualifié, en stimulant l'industrie locale, et en soutenant des filières comme l'agriculture ou les services.

C'est dans cet esprit que nous avons élaboré une politique sectorielle intégrée, qui rompt avec les approches en silos. Mines, pétrole, énergie : ce triptyque est désormais pensé comme un système cohérent, interdépendant, au service de cette même vision économique et sociale.

Nous avons élaboré une politique sectorielle intégrée où le triptyque mines, pétrole, énergie est désormais pensé comme un système cohérent, interdépendant …

Mais au-delà de la croissance, nous visons un modèle équitable, durable, inclusif. Cela suppose que les richesses produites sur notre sol bénéficient aussi aux Ivoiriens – entrepreneurs, PME, emplois locaux. Nous voulons inscrire ces secteurs dans une trajectoire de souveraineté économique partagée, qui tienne compte à la fois des générations présentes et futures.

Quelles sont les principales réformes que vous menez pour concrétiser cette vision ?

La réforme majeure, c'est l'adoption prochaine d'une politique sectorielle intégrée, qui structure une vision commune entre les mines, le pétrole et l'énergie. Cela nous permettra d'optimiser les synergies, d'harmoniser les politiques d'investissement et de régulation, et d'orienter tous les acteurs vers un cap commun.

En parallèle, nous révisons le code minier, pour en faire un outil plus moderne, plus équitable, plus rigoureux sur le plan environnemental, et plus exigeant sur le contenu local. Un chantier similaire est en cours pour le code pétrolier, afin de l'adapter à l'évolution du marché et aux nouvelles ambitions du pays.

Nous révisons le code minier, pour en faire un outil plus moderne, plus équitable, plus rigoureux sur le plan environnemental, et plus exigeant sur le contenu local. 

Mais l'une des réformes les plus concrètes est l'application de la loi sur le contenu local, qui impose désormais aux opérateurs de recruter des nationaux, de s'approvisionner localement, et de planifier le transfert de compétences. Nous avons mis en place une plateforme numérique pour encadrer ce dispositif, suivre les engagements, et assurer la transparence.

Toutes ces réformes visent un même objectif : faire en sorte que chaque investissement minier ou pétrolier crée un impact durable, … 

Toutes ces réformes visent un même objectif : faire en sorte que chaque investissement minier ou pétrolier crée un impact durable, en renforçant le tissu économique national et en inspirant confiance aux investisseurs.

Et à plus long terme, quelles sont vos perspectives d'ici 2035 ?

Elles sont très prometteuses. Sur le plan géologique, nous disposons de la plus grande part, 35%, de la roche birimienne d'Afrique de l'Ouest, qui contient de l'or. Devant le Ghana, le Burkina, le Mali et la Guinée. Pourtant, notre production déclarée est encore en deçà de celle de ces pays. Avec la lutte contre l'orpaillage illégal et l'entrée en production de nouvelles mines industrielles, nous avons le potentiel de devenir le premier producteur africain d'or d'ici dix ans.

Nous avons le potentiel de devenir le premier producteur africain d'or d'ici dix ans.

Dans les hydrocarbures, le gisement Baleine nous permettra d'atteindre 200 000 barils par jour d'ici 2028. Si les blocs en cours d'exploration, dont Calao, confirment leur potentiel, nous pourrions atteindre 500 000 barils/jour, ce qui placerait la Côte d'Ivoire parmi les cinq premiers producteurs de pétrole du continent.

Nous voulons que la Côte d'Ivoire soit reconnue comme un modèle africain de gouvernance responsable des ressources naturelles, à l'image de la Norvège. 

Mais notre ambition va au-delà des chiffres. Nous voulons que la Côte d'Ivoire soit reconnue comme un modèle africain de gouvernance responsable des...

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Publié le 06/05/26 12:32

La Rédaction

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