menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

Niger : Deux sociétés nationales décrochent des permis d’exploitation d’uranium à Arlit

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ferme dans 2h49min

Le Niger poursuit la reprise en main de son secteur uranifère. En effet, les autorités gouvernementales ont adopté le 21 août dernier, deux projets de décret portant respectivement sur l'attribution et la réattribution de permis de grande exploitation minière d'uranium dans la région d'Agadez, plus grande ville du nord du pays.

La première décision concerne la société Teloua Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA), créée après la nationalisation de la Société des mines de l'Aïr (SOMAÏR), tandis que la seconde porte sur la société Madaouela Mining Company (MAMICO), à laquelle le permis ‘'Madaouela I'' est réattribué. Ces deux décisions doivent permettre au Niger de maintenir et de développer l'exploitation de ses ressources uranifères, tout en renforçant la participation des entreprises nationales et les retombées économiques locales.

Dans le détail, le premier décret porte sur l'attribution à TSUMCO SA d'un Permis pour grande exploitation minière d'uranium dénommé ‘'In Azaoua'', situé dans la commune d'Arlit, dans le département du même nom, au sein de la région d'Agadez. Cette décision s'inscrit directement dans le processus de nationalisation de la SOMAÏR. Après la nationalisation de cette société, le gouvernement nigérien avait créé TSUMCO SA pour lui succéder. Le décret portant création de TSUMCO avait notamment prévu la poursuite des travaux sur le périmètre précédemment exploité par la SOMAÏR, dans l'attente de l'attribution officielle d'un permis de grande exploitation. Le nouveau texte vient donc formaliser cette situation en attribuant à TSUMCO le permis ‘'In Azaoua''. L'objectif affiché est ainsi d'assurer la continuité de l'exploitation de l'uranium sur ce périmètre, tout en plaçant désormais cette activité sous le contrôle de la nouvelle société nationale.

Le deuxième projet de décret concerne le permis d'exploitation d'uranium ‘'Madaouela I'', également situé dans la région d'Agadez. Ce permis avait fait retour au domaine public de l'État. La société MAMICO a par la suite sollicité sa réattribution conformément à la réglementation minière en vigueur. Le gouvernement a donné son accord, assortissant toutefois cette réattribution de plusieurs engagements financiers, sociaux et économiques. Le principal engagement financier porte sur le versement d'une redevance initiale forfaitaire de 10 millions de dollars au profit de l'État nigérien. Cette somme constitue une recette directe pour les finances publiques au moment de la réattribution du permis.

Environ 1 000 emplois annoncés

Au-delà de cette contribution financière, MAMICO devra également participer au renforcement des capacités des agents de l'administration des Mines ainsi qu'au développement local des collectivités affectées par le projet. L'entreprise s'est par ailleurs engagée à respecter les dispositions relatives au contenu local dans le secteur minier. À ce titre, elle prévoit la création d'environ 1 000 emplois au profit des jeunes Nigériens. La société devra également accorder la priorité aux entreprises locales pour les prestations de services et la fourniture de biens nécessaires aux activités du projet pendant toute sa durée de vie. Pour le gouvernement, ces obligations doivent permettre de faire davantage bénéficier l'économie nationale et les populations locales des activités minières.

Pour le Niger, l'intérêt de ces projets ne se limite pas à la production d'uranium. Le développement des activités minières doit également générer des revenus pour l'État, soutenir l'emploi et stimuler la demande auprès des entreprises nationales. Dans le cas de Madaouela I, les engagements pris par MAMICO donnent une première indication des retombées attendues, avec notamment 10 millions de dollars de redevance initiale, environ 1 000 emplois et un recours prioritaire aux fournisseurs et prestataires locaux. La contribution au développement des collectivités impactées et au renforcement des capacités de l'administration minière complète ce dispositif. Le gouvernement nigérien entend ainsi conjuguer continuité de la production, maîtrise nationale des actifs miniers et accroissement des retombées locales.

Publié le 27/08/26 10:03

Narcisse Angan

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

JERHVnDhs8lbN_0alwKJhFDR6jmhN1ulx4Sb-_dnpWQ False