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Nigeria : L’AFC lance un fonds pour mobiliser les capitaux institutionnels en faveur d’infrastructures résilientes au climat

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L'AFC, Africa finance corporation, principal fournisseur de solutions d'infrastructure du continent, accélère la mobilisation des capitaux africains en faveur des infrastructures durables. Sa filiale de gestion d'actifs, AFC Capital Partners (ACP), a lancé au Nigeria le Fonds pour des infrastructures résilientes au climat (ICRF Nigeria), une nouvelle plateforme destinée à canaliser l'épargne institutionnelle nationale vers des projets d'infrastructures résilients face au changement climatique.

Enregistré auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) du Nigeria, l'autorité de régulation du marché des capitaux nigérian, en tant que fonds fermé, l'ICRF Nigeria ciblera notamment les administrateurs de fonds de pension (PFA), les compagnies d'assurance, les gestionnaires d'actifs et d'autres investisseurs institutionnels nigérians. L'objectif est de leur donner accès à un portefeuille diversifié de projets d'infrastructures commercialement viables, tout en répondant aux besoins croissants du pays en matière d'adaptation au changement climatique.

Avec ce nouveau véhicule, l'AFC entend s'attaquer à l'un des principaux paradoxes du financement du développement en Afrique : l'existence d'importantes ressources financières domestiques, alors que les besoins d'investissement dans les infrastructures restent considérables. Selon Samaila Zubairu, président-directeur général de l'AFC, le continent africain dispose de plus de 4 000 milliards de dollars de ressources nationales, notamment à travers les fonds de pension, les assurances et les fonds souverains.

Une part importante de ces capitaux à long terme reste cependant orientée vers des instruments jugés peu risqués et à court terme, plutôt que vers les infrastructures, l'industrie ou l'innovation. L'ICRF Nigeria veut précisément contribuer à inverser cette tendance en établissant un lien entre l'épargne institutionnelle de long terme et les besoins de financement de long terme du Nigeria et de l'Afrique.

Un compartiment national d'un fonds africain de 750 millions de dollars

L'ICRF Nigeria constitue une déclinaison nationale du Fonds pour des infrastructures résilientes au climat (ICRF) de l'ACP, doté de 750 millions de dollars. Ce programme vise à intégrer les enjeux climatiques à l'ensemble du cycle de vie des infrastructures, depuis la planification et la conception jusqu'à la construction et l'exploitation. Il cible ainsi un enjeu devenu majeur pour les économies africaines : développer des infrastructures capables de résister à des phénomènes climatiques de plus en plus fréquents et imprévisibles.

À travers l'ICRF, ACP ambitionne de mobiliser jusqu'à 3,7 milliards de dollars de financements au total et de constituer un portefeuille de 10 à 12 projets d'infrastructures à travers l'Afrique. Le dispositif bénéficie déjà du soutien de plusieurs investisseurs institutionnels internationaux et africains.

Le Fonds vert pour le climat apporte 253 millions de dollars

Parmi les principaux soutiens figure le Fonds vert pour le climat (FVC), qui a engagé 253 millions de dollars sous forme de capital de première perte. Il s'agit, selon l'AFC, de son plus important investissement en fonds propres en Afrique à ce jour. La Banque européenne d'investissement (BEI), la Banque de développement de l'Afrique australe (DBSA), la Cassa Depositi e Prestiti (CDP), la Nigeria Sovereign Investment Authority (NSIA) ainsi que plusieurs fonds de pension africains participent également au dispositif.

Le rôle du capital de première perte est déterminant dans la stratégie de financement. En absorbant une partie des risques initiaux, ce mécanisme doit contribuer à rendre les projets d'infrastructures résilientes plus attractifs pour les investisseurs institutionnels et à faciliter la mobilisation de capitaux privés supplémentaires. L'ICRF ciblera des secteurs considérés comme essentiels à la transformation économique du continent. Il s'agit notamment des énergies renouvelables, des transports et de la logistique, des infrastructures numériques et du développement industriel.

La particularité du fonds réside dans l'intégration systématique des risques climatiques dans les décisions d'investissement. Les projets feront ainsi l'objet d'une évaluation des risques physiques liés au climat, mais également des risques de transition, notamment ceux associés aux trajectoires d'émissions et à la gouvernance climatique. L'objectif est d'intégrer la résilience dès la conception des infrastructures plutôt que de chercher à corriger ultérieurement leur vulnérabilité face aux effets du changement climatique.

Publié le 26/08/26 16:43

Narcisse Angan

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