Pourquoi le sucre est devenu une denrée rare sur le marché ivoirien ?

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Le sucre est devenu une denrée rare en Côte d'Ivoire. En effet, le pays est confronté depuis mi-octobre à une pénurie de sucre sur le marché, ce qui entraine une flambée des prix chez plusieurs détaillants malgré le plafonnement de ces derniers décidé par les autorités. Cette situation ne laisse pas indifférent les producteurs locaux qui tentent de rassurer les consommateurs, quant à un retour progressif à la normale.  

Alors que la campagne sucrière 2023-2024 a démarré depuis le 22 octobre dernier, le pays n'a pas encore atteint sa pleine capacité de production. En effet, sur les quatre usines en activité, seuls trois ont entamé la production, à savoir celles de Ferké 1 et 2 (au Nord du pays) propriétés de Sucaf-CI, et celle de Zuénoula (Centre-Ouest). La quatrième unité industrielle appartenant à Sucrivoire (Borotou) tout comme celle de Zuénoula, ne démarrera que le 27 novembre prochain, soit un retard de plus d'un mois. Conséquence, la production nationale depuis fin octobre n'a été que de 10 000 tonnes, ce qui pourrait être un premier facteur explicatif de la pénurie pour un pays qui couvre à peine ses besoins.

‘'Ce lancement de la campagne sucrière devrait mettre fin à la situation de tension des stocks de sucre dans la distribution observée ces derniers temps'', souligne dans son communiqué l'AIS, l'Association des industries sucrières de Côte d'Ivoire qui regroupe la SUCAF et Sucrivoire. Cette dernière table d'ailleurs sur un '' retour progressif à un approvisionnement régulier en sucre du marché ivoirien''.

Voir aussi - Côte d'Ivoire : les industriels projettent une hausse de la production sucrière de 40% à 280 000 tonnes

Parallèlement à cette situation, il faut signaler des tensions sur le marché mondial avec les cours du sucre qui ont atteint leur plus haut depuis douze ans en septembre dernier, enregistrant un bond de 48% sur un an, selon la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. En cause, la baisse de moitié des exportations indiennes, deuxième exportateur au niveau mondial de sucre avec 11 millions de tonnes expédiées en 2022. Il en ait de même pour la Thaïlande, troisième exportateur, dont la récolte s'annonce aussi en baisse, en raison de conditions météorologiques défavorables. 

Avec une production annuelle estimée autour de 200 000 tonnes en 2020, le marché ivoirien de sucre demeure déficitaire face une demande d'environ 240 000 tonnes. Le pays est donc obligé d'importer une partie de ses besoins pour satisfaire sa demande locale. Pour combler ce gap, les industriels avaient annoncé, dans le cadre d'un accord conclu avec le gouvernement, le renforcement de leurs investissements avec l'objectif de porter la production nationale à 280 000 tonnes à l'horizon 2025.

La production sucrière ivoirienne qui est jugée moins compétitive que le sucre importé fait l'objet de mesures protectionnistes de la part de l'Etat ivoirien, qui s'évertue à préserver un secteur qui génère des milliers d'emplois directs et indirects. L'importation visant à combler le déficit du marché local est donc exclusivement réservée aux deux sociétés sucrières.

Narcisse Angan

Publié le 14/11/23 14:04

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