En République démocratique du Congo, plusieurs institutions financières de développement internationales se sont associées pour injecter de nouveaux capitaux dans le financement des entreprises locales. La Société financière internationale (IFC), membre du groupe Banque mondiale, a conduit un montage financier qui a permis à Rawbank de mobiliser 265 millions USD destinés à renforcer l'accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises (PME).
L'opération, annoncée le 4 mars par la banque congolaise, réunit aux côtés d'IFC plusieurs bailleurs internationaux, dont Proparco, British International Investment, l'eco.business Fund et le Fonds OPEP pour le développement international. Selon les informations communiquées par Rawbank et par l'IFC, le dispositif devrait permettre d'accompagner au moins 1 500 PME supplémentaires au cours des quatre prochaines années. Les financements ciblent notamment des activités dans les télécommunications, les biens de consommation courante ou encore d'autres segments productifs du secteur privé congolais.
Le financement repose sur deux instruments complémentaires. La première composante est une facilité de crédit senior d'un montant de 165 millions USD structurée par l'IFC. Sur cette enveloppe, l'institution apporte directement 50 millions USD. Les 115 millions restants proviennent d'autres institutions partenaires engagées dans l'opération. Proparco contribue à hauteur de 50 millions USD, British International Investment apporte 25 millions USD, tandis que l'eco.business Fund et le Fonds OPEP pour le développement international participent chacun à hauteur de 20 millions USD.
La seconde composante repose sur un mécanisme de partage des risques d'un montant total de 100 millions USD entre l'IFC et Rawbank. Dans ce dispositif, l'institution internationale couvre la moitié de l'exposition, soit 50 millions USD. Cette garantie vise à faciliter l'octroi de crédits à un nombre plus important de PME en réduisant le risque supporté par la banque.
Ce mécanisme bénéficie du soutien financier de la Commission européenne ainsi que de l'Association internationale de développement (IDA), branche de la Banque mondiale dédiée aux pays les plus pauvres. Les ressources proviennent notamment du programme de garantie des petits prêts destiné à encourager les établissements financiers à prêter davantage aux entreprises de taille intermédiaire.
Le recours à ce type de montage reflète l'ampleur des besoins de financement des entreprises en République démocratique du Congo. Les PME représentent l'essentiel du tissu économique du pays, mais leur accès au crédit reste limité en raison du manque de garanties, de la faiblesse du système financier et du niveau de risque perçu par les banques.
Les estimations de la Banque mondiale évaluent le déficit de financement des PME congolaises à environ 6,8 milliards de dollars, soit près de 19 % du produit intérieur brut du pays. Outre les ressources financières, l'IFC prévoit également d'apporter un appui technique à Rawbank. Les programmes de conseil doivent porter sur plusieurs segments jugés stratégiques pour l'économie congolaise, notamment la finance climatique, le financement agricole et le soutien aux femmes entrepreneures.
Perton Biyiha
Publié le 05/03/26 14:28
La Rédaction
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CEMAC