Le 9 juin 2026, le ministre congolais des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a présenté au Sénat quatre projets de loi autorisant la ratification d'accords de financement conclus avec la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD). Selon le ministère des Finances, les ressources mobilisées visent l'assainissement de Kinshasa, la formation et l'emploi des jeunes, le développement du parc agro-industriel de Ngandajika et le soutien aux populations affectées par la crise dans l'Est du pays.
D'après les documents soumis aux sénateurs, ces quatre opérations totalisent 753,6 millions USD. Les deux plus importantes, financées par la Banque mondiale, concentrent à elles seules près de 73 % des montants.
Le premier projet, baptisé " Kin la Belle ", mobilise 250 millions USD. Approuvé le 28 avril 2026 par le conseil d'administration de la Banque mondiale, il vise à répondre à la crise de gestion des déchets dans la capitale congolaise, qui produit environ 12 000 tonnes de déchets par jour, dont près de 98 % sont abandonnés dans l'environnement ou brûlés à ciel ouvert.
Les fonds financeront la construction de points de collecte, de stations de transfert et d'un centre intégré de traitement des déchets, ainsi que l'amélioration du drainage urbain. Le projet prévoit également la création d'emplois, notamment pour les jeunes, et le développement des métiers liés à l'économie verte.
Le deuxième projet, le plus important en valeur, concerne les compétences et l'emploi. Doté de 300 millions USD, le Projet Compétences pour la Transformation Économique et l'Emploi (PCTEE) s'inscrit dans le programme régional " Skills for Economic Transformation and Employment " de la Banque mondiale.
Selon les documents du projet, environ un million de jeunes bénéficieront d'actions de développement des compétences, tandis que 120 000 jeunes vulnérables recevront une formation certifiante. Le programme prévoit également l'accompagnement de 8 000 jeunes entrepreneurs ou apprentis et l'appui à 5 000 entreprises, dont au moins la moitié dirigées par des femmes.
Les interventions cibleront notamment l'énergie, les mines, le transport, l'agriculture, l'industrie manufacturière, le tourisme et le numérique. Le projet comprend aussi la création de l'Académie d'Excellence Inga, dans le Kongo Central, destinée à former une partie de la future main-d'œuvre des grands projets énergétiques et industriels.
Agriculture et déplacés parmi les bénéficiaires
Le troisième accord concerne la connectivité du parc agro-industriel de Ngandajika, dans la province de la Lomami. D'un montant de 155 millions USD, il financera la réhabilitation ou la construction d'axes routiers, l'amélioration des infrastructures logistiques et la réduction des coûts de transport afin de faciliter l'acheminement des productions agricoles vers les marchés.
Les autorités espèrent ainsi réduire l'enclavement des zones de production, renforcer l'approvisionnement des grands centres urbains et limiter la dépendance du pays aux importations alimentaires.
Enfin, le Programme de réponse aux communautés affectées par les crises et aux populations déplacées (PRECAPE) bénéficiera de 48,6 millions USD. Les ressources serviront à soutenir les déplacés internes, renforcer la résilience des communautés hôtes, améliorer l'accès aux services essentiels, financer des activités génératrices de revenus et consolider la cohésion sociale dans les zones touchées par les violences.
Publié le 10/06/26 16:35
La Rédaction
SN
CEMAC