Moody's Ratings a réexaminé la qualité de crédit de la République démocratique du Congo à l'issue d'un comité tenu le 22 avril 2026. Cette revue périodique s'inscrit dans le cadre habituel d'évaluation des risques souverains. L'agence indique avoir " réévalué la pertinence des notations à la lumière des principales méthodologies applicables et des évolutions récentes ", sans remettre en cause, à ce stade, la note B3 attribuée à la RDC.
Dans son analyse, Moody's précise les déterminants de cette évaluation. " La note B3 de la RDC reflète un niveau de richesse très faible, un cadre institutionnel fragile, une faible mobilisation des recettes et un risque politique élevé, notamment lié à l'instabilité dans l'est du pays. Ces contraintes sont toutefois contrebalancées par de solides perspectives de croissance, soutenues par l'abondance des ressources naturelles et un faible niveau d'endettement. La poursuite des réformes structurelles, appuyées par un programme du FMI, devrait progressivement renforcer la capacité d'absorption des chocs ", détaille l'agence.
Dans ce contexte, Moody's met en avant une dynamique économique largement tirée par le secteur extractif. " L'agence anticipe une croissance économique réelle comprise entre 5 % et 6 % par an, portée par le secteur extractif — qui représente environ un quart du PIB, près de 40 % des recettes publiques et plus de 90 % des exportations — ainsi que par le développement des services et les investissements dans les infrastructures. La production de cuivre a atteint 3,4 millions de tonnes en 2025, soit presque le double de son niveau de 2020 ", souligne-t-elle.
Sur le plan macroéconomique, le communiqué révisé fait état d'un net ralentissement de l'inflation. " L'inflation a fortement reculé à 2,3 % fin 2025, en dessous de l'objectif de 7 % de la banque centrale, tandis que les réserves internationales s'établissaient à 7,4 milliards de dollars en novembre 2025, couvrant 2,8 mois d'importations. " Moody's ajoute que " la hausse des prix mondiaux de l'énergie et des denrées alimentaires, liée au conflit en cours au Moyen-Orient, devrait renchérir les coûts d'importation et alimenter des pressions inflationnistes, malgré la régulation des prix domestiques des carburants ".
Cette dynamique macroéconomique se reflète également dans les finances publiques. " Moody's prévoit que le déficit budgétaire global de la RDC restera contenu autour de 2,3 % du PIB cette année, en dépit des pressions accrues liées aux dépenses de sécurité. Bien que la dette demeure majoritairement concessionnelle, les options de financement s'élargissent progressivement, notamment après la publication d'une stratégie de dette à moyen terme et une première émission d'euro-obligations de 1,25 milliard de dollars en avril, dont les fonds serviront à financer des projets d'infrastructures du gouvernement ".
En dépit de ces éléments de soutien, le risque sécuritaire demeure un point d'attention majeur. " Malgré la signature d'accords de paix et l'intensification des efforts internationaux pour parvenir à un règlement durable, la situation sécuritaire dans l'est de la RDC devrait rester très volatile ", avertit Moody's.
Perton Biyiha
Publié le 28/04/26 12:12
La Rédaction
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