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Risque de crédit : La fintech nigériane CreditChek lève 600 000 USD pour déployer son infrastructure de scoring en Afrique de l’Est

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L'accès à des données de crédit fiables reste un obstacle majeur au financement en Afrique subsaharienne. Pour répondre à ce besoin, la startup nigériane CreditChek a annoncé une levée de fonds de 600 000 USD (plus de 300 millions FCFA) destinée à développer son infrastructure de données en Afrique de l'Est. Le tour de table a été conduit par le fonds panafricain Janngo Capital, avec la participation d'Assembly Investors, Vastly Valuable Ventures et Unipeg Capital.
 
Fondée en 2021 par Kingsley Ibe et Lionel Orishane, CreditChek s'est imposée au Nigeria où elle a déjà atteint la rentabilité en traitant plus de 60 millions USD de demandes de crédit. La fintech agrège et standardise des données financières et alternatives via une API unifiée, permettant aux prêteurs d'évaluer le risque en temps réel, de réduire les défauts de paiement et de stimuler l'octroi de crédits responsables. 
 
Cette expansion en Afrique de l'Est intervient alors que les services financiers numériques y connaissent une forte croissance. Selon la GSMA, l'Afrique de l'Est est devenue le principal moteur du mobile money en 2025 : la région comptait 62 services actifs et 537 millions de comptes enregistrés, soit une hausse de 19%. Parmi eux, 193 millions sont des comptes actifs (+22%), et le nombre d'opérations a atteint 61 milliards. En valeur, les transactions mobile money en Afrique de l'Est ont progressé de 23%, pour s'établir à 806 milliards USD. Une part importante des 1 400 milliards USD générés sur l'ensemble du continent.
 
Cette explosion du mobile money pave la voie à des services financiers connexes, notamment l'épargne et le crédit mobile. D'après le Global Findex de la Banque mondiale, l'Afrique subsaharienne affiche le taux de détention de ces comptes le plus élevé au monde, touchant près de 40 % des adultes, et constituant l'unique compte formel pour 20 % d'entre eux. Le Kenya, la Tanzanie et l'Ouganda mènent cette adoption, l'Afrique de l'Est enregistrant un taux d'épargnants de 56 %.
 
L'accès au crédit suit cette dynamique. En 2024, les prêts via mobile money représentaient près de 60 % des emprunts formels régionaux. Au Kenya, 32 % des adultes ont contracté un prêt mobile, ce canal étant l'unique moyen d'emprunt pour 25 % d'entre eux (soit 86 % des emprunteurs formels). En Ouganda, 22 % des adultes y ont eu recours, presque tous de manière exclusive. Ces financements restent toutefois de courte durée et de faible montant : près de 80 % des produits de crédit disponibles sont des microcrédits inférieurs ou égaux à 20 dollars.
 
Malgré cette adoption massive, le système financier régional souffre d'un manque d'interopérabilité et d'une fragmentation des données entre banques, institutions de microfinance et plateformes de mobile money. C'est là que l'infrastructure unifiée de CreditChek peut faire la différence. En s'implantant en Afrique de l'Est, la startup ambitionne de réduire les coûts d'octroi de crédit, d'améliorer l'évaluation des risques pour les prêteurs et d'élargir l'accès au financement pour des millions de particuliers et de petites entreprises encore exclus du système bancaire traditionnel. Pour Janngo Capital, cet investissement s'attaque directement au déficit de financement des micro, petites et moyennes entreprises en Afrique, estimé à 331 milliards USD.
 
Anselme Akéko

Publié le 10/06/26 16:37

La Rédaction

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