Au Sénégal, le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 est rejeté pour la deuxième fois en commission de l'Assemblée nationale. Il doit être présenté demain, mardi 3 novembre 2026, en séance plénière. Les députés de Pastef soulignent que les principaux désaccords portent sur le manque de sincérité budgétaire concernant le déficit et la dette, l'inefficacité des mesures de lutte contre la cherté de la vie et de protection du pouvoir d'achat.
Ils dénoncent également l'incohérence des choix en matière d'investissement public et de priorités sociales, le déficit de transparence, illustré par le refus persistant de transmettre des documents essentiels à la compréhension du projet de loi de finances rectificative, ainsi que le refus de rationaliser les agences et d'encadrer les fonds spéciaux.
Pour le gouvernement, ce blocage peut lourdement affecter le secteur énergétique. En effet, la dotation initiale de 250 milliards FCFA prévue dans la loi de finances initiale (LFI) est entièrement consommée. Au 26 octobre 2026, précise une note, les créances déclarées atteignent 137,7 milliards FCFA au Fonds de soutien à l'énergie et 182,8 milliards FCFA auprès de la Commission de régulation du secteur de l'énergie et de la SENELEC.
Pendant ce temps, les paiements programmés pour novembre et décembre s'élèvent à 155,5 milliards FCFA, dont 109 milliards au titre des pertes commerciales et 42,6 milliards pour les achats de combustibles de la SENELEC. Face à cette situation, l'État sénégalais estime que, sans nouvelle autorisation budgétaire, ces sommes deviendraient des arriérés et menaceraient l'approvisionnement des centrales électriques.
Selon le gouvernement, le relèvement des prix intervenu le 15 août 2026 (gasoil à 755 FCFA/l et supercarburant à 990 FCFA/l) n'a couvert qu'une partie de la hausse. D'après la structure des prix du 10 octobre 2026, l'État prend encore en charge 132 FCFA par litre de supercarburant et 391 FCFA par litre de gasoil, soit environ 58 milliards FCFA par mois aux volumes actuels.
Sans l'ajustement d'août, affirme le gouvernement, la charge aurait dépassé 1 000 milliards FCFA à fin 2026. En conséquence, le relèvement des prix à la pompe ne permet pas de répercuter intégralement le coût réel des carburants sur les ménages. Le gouvernement affirme ainsi avoir cherché à concilier la préservation du pouvoir d'achat des ménages avec celle de l'équilibre budgétaire.
Pour rappel, dans le projet de loi de finances rectificative 2026, la subvention au secteur de l'énergie passe de 250 milliards à 729 milliards FCFA. L'objectif est de garantir la stabilité des prix après la hausse des tarifs du carburant intervenue au mois d'août dernier.
Fanuelle YAO
Publié le 02/11/26 09:23
La Rédaction
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