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Sénégal/FMI : Enfin le bout du tunnel ?

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Après près de deux ans de négociations, les pourparlers se poursuivent entre le Fonds monétaire international (FMI) et le Sénégal. Une mission de l'institution de Bretton Woods est à Dakar, sous la conduite de Mercedes Vera Martin. L'effet recherché avec ce rendez-vous d'août 2026, est progresser vers une convergence de vues sur les politiques et les réformes susceptibles d'être soutenues par un accord de financement avec le FMI.

Au début des travaux, l'institution a affirmé " rester déterminé à soutenir le Sénégal dans ses efforts visant à préserver la stabilité macroéconomique et à promouvoir une croissance durable et inclusive ". Ainsi, les services du FMI échangeront également avec différents acteurs économiques et sociaux au cours de la mission. Entre le FMI et le Sénégal, le partenariat a été suspendu en 2024 à cause des irrégularités sur les comptes et données publics.

Déjà hier, dans une communication, le Fonds monétaire vendait la mèche sur certaines évolutions. À l'en croire, l'économie sénégalaise a fait preuve de résilience malgré un environnement international difficile. Cette performance est notamment portée par le démarrage et la montée en puissance du secteur des hydrocarbures. Le FMI estime également que les efforts engagés par les autorités pour contenir les dépenses publiques ont également produit des effets.

Cependant, il considère que les risques liés aux finances publiques et à la dette demeurent importants. Sans oublier  des risques significatifs à court terme, notamment dans un contexte international marqué par l'incertitude et par des conditions financières susceptibles de compliquer l'accès aux financements.

Restructuration ou pas, la balle est dans le camp du Sénégal

Le FMI a également affirmé sa position sur la gestion de la dette du Sénégal. Il estime que la décision de retenir ou non une stratégie de restructuration appartient donc aux autorités sénégalaises. Par ailleurs, il juge essentiel d'améliorer la qualité de l'information financière, de renforcer la gestion et la centralisation de la dette publique, d'auditer les arriérés de paiement et de consolider les mécanismes de contrôle budgétaire.

Pour rappel, dans le cadre de l'amélioration de la gestion de la dette, la stratégie retenue par le Sénégal est fondée sur l'hypothèse de la conclusion d'un programme avec le Fonds monétaire international (Fmi), ouvrant ainsi la possibilité de mobilisation des ressources concessionnelles plus importantes, disponibles auprès des partenaires techniques et financiers classiques.

S'offrir plus de marges financières

Cette stratégie détaillée par le Gouvernement dans le Document de planification pluriannuel et économique budgétaire, outre l'avantage susmentionné, ouvre des perspectives favorables pour le refinancement des eurobonds (dont le remboursement démarre en 2026) sur le marché international et devrait également réduire les risques susceptibles de naître du recours aux seuls financements domestiques comme illustré dans une stratégie alternative (dans le cas de non-conclusion de programme avec le FMI et de limitation de l'accès aux ressources extérieurs).

Par ailleurs, souligne le Gouvernement. le recours aux financements extérieurs à hauteur de 50% dans le cadre d'un programme avec le Fmi (combiné à 50% de financement domestique) rendrait plus confortable la mise en œuvre de l'objectif stratégique de développement du financement domestique et des financements innovants inscrits dans la SND.

Ce recours aux financements extérieurs reste également compatible avec les opportunités offertes par les types de financements innovants, notamment ceux orientés vers l'environnement, le social et la gouvernance, expérimentés en 2024. Un renforcement de la liquidité du marché secondaire apparaît ainsi comme une priorité pour accroître l'attractivité du marché régional et améliorer l'efficacité de la politique d'endettement des États.

Cela, aux yeux du Gouvernement, implique une réforme globale, combinant incitations à l'animation du marché, diversification de la base d'investisseurs, réduction des coûts de transaction et mise en place de mécanismes favorables à l'intervention de teneurs de marchés actifs.

Publié le 21/08/26 09:27

Mouhamadou Dieng

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