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Sénégal/FMI : Un mois de juin décisif

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Au Sénégal les prochains jours s'annoncent décisifs quant à la concrétisation d'un nouveau cadre de partenariat avec le Fonds monétaire international national (FMI). Une équipe de cette institution de Bretton Woods est attendue samedi à Dakar. Des rencontres qui permettront de relancer les discussions dans un contexte où le premier ministre Mouhamadou Al Aminou Lô, a pris fonction, remplaçant Ousmane Sonko.

Il y a treize jours, à l'Assemblée nationale, l'actuel ministre de l'Économie et des Finances, Cheikh Diba, à l'époque ministre des Finances et du Budget, annonçait une intensification du dialogue. Il informait avoir un entretien avec le directeur du département Afrique du Fonds monétaire international, en vue de préparer la reprise formelle des négociations prévue dès la semaine du 8 juin. L'objectif affiché est de parvenir à un accord sur les grands axes d'un nouveau programme avant le 30 juin 2026.

Ce mois de juin, le Sénégal boucle 26 mois sans décaissement du Fonds monétaire international. 230 milliards FCFA étaient espérés en avril 2024. Par la suite, avec la dette cachée d'un montant de 7 milliards de dollars et les données " falsifiées " concernant notamment les indicateurs pour le PIB et le déficit budgétaire ont conduit à la suspension du programme le temps de corriger les chiffres et données publics.

Reprise du dialogue dans un contexte particulier

Les échanges entre le Sénégal et le Fonds monétaire international reprennent dans un contexte de fragilités. D'abord après le limogeage de l'ex premier ministre Ousmane Sonko, un nouveau gouvernement est mis en place. Dans le camp de la majorité, les fissures politiques sont apparentes entre le Chef de l'Etat Bassirou Bassirou Diomaye et son compagnon politique Ousmane Sonko passé président de l'Assemblée nationale. Un duel qui expose le pays à une instabilité politique et institutionnelle.

Au plan financier, le pays ne rayonne plus sur les marchés financiers internationaux. Les portes et opportunités lui sont fermées à cause d'une dette qui a atteint 132% du PIB. Il s'y ajoute une notation souveraine en permanente baisse. Récemment Bloomfield Investment de Stanislas Zézé a révisé à " négative " la perspective du Sénégal à cause des contextes économiques, financiers et politiques.

De l'autre côté, les marchés réagissent négativement à la situation économique et politique confuse. Il y a 72 heures, les obligations souveraines du pays libellées en dollars ont chuté, se négociant à des prix historiquement plus bas. Donc avec un nouveau cadre de partenariat avec le FMI, le Sénégal aura comme principal challenge de redorer sa signature, afin de bénéficier de la confiance des partenaires et des investisseurs.

Garantir un partenariat transparent

Pour le président du Conseil d'administration de l'Agence de promotion des investissements et des Grands travaux (Apix), Lansana Gagny Sakho, un programme Fmi n'est pas une capitulation. Il s'agit selon lui, d'un outil de stabilisation permettant à l'Etat de financer ses missions essentielles sans recourir à des emprunts de plus en plus coûteux. À l'en croire la  souveraineté véritable n'est pas une posture, mais la capacité à négocier depuis une position de force, avec un cadre crédible et des partenaires rassurés.

A ses yeux, ceux qui ont tergiversé ont subi des restructurations bien plus douloureuses. Poursuivant son analyse, Lansana Gagny Sakho estime qu'un programme avec le Fmi n'a de sens que s'il s'accompagne de mesures courageuses, parfois douloureuses. Parmi elles, la réforme des subventions et la rationalisation du secteur parapublic sont devenues des impératifs que la situation fiscale rend incontournables.

" Le Sénégal ne peut plus financer indéfiniment des dispositifs qui absorbent des ressources colossales sans cibler efficacement les ménages vulnérables. Que ce soit dans l'énergie, certains produits de base ou des mécanismes parafiscaux, le coût budgétaire de ces subventions n'est plus soutenable au regard des contraintes actuelles ", estime Lansana Gagny Sakho. 

Il considère que la réforme des subventions est un acte de justice sociale autant qu'un impératif budgétaire. Ainsi, soutient-il, elle doit être menée avec méthode, dans un calendrier progressif négocié avec le Fmi, accompagnée d'une communication transparente et d'un renforcement des dispositifs de protection des plus vulnérables.

Publié le 05/06/26 14:51

Narcisse Angan

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