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Starlink et Amazon Leo se positionnent pour la conquête du marché africain de l’Internet par satellite

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L'Afrique s'impose progressivement comme l'un des principaux terrains de confrontation entre les géants mondiaux de l'Internet par satellite. Alors que Starlink, la filiale de SpaceX contrôlée par Elon Musk, accélère son implantation sur le continent, Amazon avance désormais ses pions avec son projet Kuiper, commercialisé sous le nom d'Amazon Leo.

Le dernier épisode de cette compétition se joue au Kenya. Selon Techpoint Africa, Amazon a choisi ce pays d'Afrique de l'Est pour accueillir la première station terrestre africaine de son réseau satellitaire. L'installation doit assurer les échanges de données entre la future constellation de satellites en orbite basse du groupe fondé par Jeff Bezos et les réseaux Internet terrestres.

Par l'intermédiaire de sa filiale Amazon Kuiper Kenya Limited, l'entreprise a déposé une demande de licence auprès de l'Autorité des communications du Kenya (CAK). Si elle obtient le feu vert du régulateur, elle pourra préparer le lancement de ses services d'accès à Internet par satellite dans le pays.

Cette offensive des géants de l'Internet par satellite en Afrique intervient alors que les infrastructures terrestres continuent de montrer leurs limites dans une grande partie du continent. Les réseaux de fibre optique et les infrastructures mobiles demeurent coûteux à déployer dans les régions éloignées ou faiblement peuplées. Les constellations de satellites en orbite basse proposent une alternative en reliant directement les utilisateurs à l'espace grâce à des terminaux installés au sol, avec des performances généralement supérieures à celles des systèmes satellitaires traditionnels.

Dans cette perspective, Amazon prévoit de déployer plus de 3 200 satellites dans le cadre de son projet Kuiper afin de fournir un accès Internet à l'échelle mondiale. Face à lui, Starlink bénéficie déjà d'une avance commerciale significative.

Le Kenya, porte d'entrée d'un marché encore largement sous-connecté

Le choix du Kenya n'est pas anodin. Selon les données de l'Union internationale des télécommunications (UIT), le taux de pénétration d'Internet en Afrique subsaharienne demeure proche de 36 %. Au Kenya, les statistiques de DataReportal et de la CAK l'évaluent à environ 48 %, soit plus de 27 millions d'utilisateurs pour une population dépassant 56 millions d'habitants.

Présent dans le pays depuis 2023, Starlink y revendique déjà plus de 22 000 abonnés, ce qui en fait le huitième fournisseur d'accès à Internet du marché kényan. Dans ce contexte, l'arrivée d'Amazon est perçue comme une nouvelle étape dans la compétition visant à conquérir les millions d'utilisateurs encore privés d'un accès fiable au haut débit. Les opérateurs satellitaires ciblent notamment les zones rurales, où les infrastructures classiques restent insuffisantes.

Pour concrétiser son projet, Amazon a sollicité une licence de fournisseur d'infrastructures réseau de catégorie Tier 2, valable quinze ans. Selon les informations communiquées par les autorités kényanes, cette autorisation coûte environ 115 000 dollars et impose qu'au moins 30 % du capital de l'entreprise soit détenu localement dans les trois années suivant son attribution.

Le Tchad invite Amazon après avoir ouvert ses portes à Starlink

La compétition ne se limite toutefois plus à l'Afrique de l'Est. Plusieurs États cherchent à attirer les nouveaux acteurs du secteur afin de réduire leurs déficits de couverture numérique. C'est notamment le cas du Tchad.

Cinq mois après avoir accordé à Starlink sa première autorisation d'exploitation dans la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac), le pays a engagé des discussions avec Amazon Leo.

En marge de la Conférence mondiale de développement des télécommunications organisée à Bakou, en Azerbaïdjan, l'année dernière, l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes du Tchad (Arcep) a reçu une délégation du groupe américain afin d'examiner les perspectives de déploiement de sa constellation de satellites.

Dans son compte rendu, le régulateur tchadien explique que les échanges visaient à " explorer toutes les pistes permettant d'améliorer la connectivité dans les zones mal desservies ou totalement dépourvues de réseau ". L'autorité a également invité Amazon à entamer les démarches nécessaires à l'obtention d'une licence dédiée pour opérer dans le pays.

Pendant ce temps, Starlink poursuit son expansion sur le continent. Le service est déjà actif dans plusieurs pays africains, notamment au Nigeria, au Rwanda, au Mozambique, au Malawi et en Zambie.

L'entreprise a également noué un partenariat avec Airtel Africa, contrôlé majoritairement par le groupe indien Bharti Airtel afin vraisemblablement de concurrencer les réseaux mobiles traditionnels. Le programme doit désormais être étendu aux quatorze marchés africains où Airtel est présent.

Perton Biyiha

Publié le 10/06/26 10:38

La Rédaction

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