La ministre togolaise de l'Efficacité du service public et de la Transformation numérique, Cina Lawson, a officiellement lancé le Challenge national des langues locales, le vendredi 2 octobre 2026 à Lomé. Ce projet vise à mobiliser l'ensemble des citoyens togolais pour concevoir et développer une IA capable d'échanger, d'écouter et d'écrire dans la cinquantaine de langues parlées à travers tout le territoire national.
Portée par Togo AI Lab, cette initiative s'inscrit dans le cadre du programme national ‘'Voix du Togo'', prévu sur une durée de 3 ans. L'objectif principal est de lever définitivement les barrières linguistiques et de permettre à l'ensemble de la population, y compris aux personnes qui ne maîtrisent pas le français ou qui ne savent ni lire ni écrire, d'accéder facilement aux démarches administratives, aux soins de santé et aux services de la justice.
Dans le pays, la grande majorité de la population s'exprime au quotidien dans des langues locales qui demeurent très peu représentées dans les outils numériques. Alors que la numérisation des procédures administratives se poursuit à un rythme soutenu, cette absence représentait un obstacle majeur pour de nombreux usagers.
Grâce aux nouveaux modèles technologiques qui seront développés dans le cadre du projet, un patient pourra expliquer clairement ses symptômes à un médecin, un justiciable pourra obtenir une traduction fidèle de sa déposition, et chaque habitant pourra accomplir une démarche auprès d'une administration simplement par la voix.
La démarche retenue repose entièrement sur la participation directe des habitants. Depuis le vendredi 5 octobre 2026, toute personne disposant d'un numéro de téléphone mobile peut se connecter à la plateforme en ligne dédiée. Sur cet espace numérique, chacun peut enregistrer sa voix en lisant des phrases, retranscrire des enregistrements vocaux, traduire des textes ou encore vérifier la qualité des contributions des autres utilisateurs.
Afin d'encourager la participation, chaque contribution validée donne droit à une rémunération. De plus, des agents de terrain sont déployés dans les zones les moins connectées pour enregistrer la voix des habitants directement dans leurs lieux de vie.
Selon le ministère de l'Efficacité du service public, le déploiement du programme suit une méthodologie rigoureuse. La première étape consiste à collecter les enregistrements et les textes, avant de les faire valider par des spécialistes du langage et par les communautés locales. Ensuite, des informaticiens togolais participeront à 4 compétitions pour entraîner les modèles d'IA.
Pour chaque langue, les équipes doivent réunir au moins 50 heures d'enregistrement audio, 6 000 phrases traduites et les enregistrements de 500 personnes différentes. Une phase d'essai démarre d'abord avec l'éwé, le kabyè et le moba, avant de s'étendre progressivement aux 47 autres langues du pays sur une période totale de 7 mois. En ligne de mire de cette mobilisation citoyenne, il s'agit de préserver le patrimoine linguistique du Togo, tout en posant les bases de sa stratégie numérique à l'horizon 2030.
Anselme Akéko
Publié le 08/10/26 13:30
La Rédaction
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