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UEMOA : Deux visages pour un même marché numérique plein d'avenir

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Un profil attractif mais fortement contrasté. Ainsi se présente l'espace de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) pour les investisseurs et les acteurs du secteur privé digital. Les derniers rapports d'Internet Society Pulse montrent en effet de grands écarts entre les États membres (hors Togo). Ces différences révèlent surtout d'immenses opportunités pour installer des équipements informatiques et lancer de nouveaux services en ligne.

Au cœur de cette dynamique, la Côte d'Ivoire s'affirme comme le véritable moteur technologique de la région. Avec un réseau Internet solide évalué à 51 % de résilience, le pays domine la zone grâce à un marché bien préparé (53/100), des tarifs abordables pour les habitants (79/100) et une couverture 4G qui touche déjà 66 % de la population. À cela s'ajoute une protection robuste contre les cyberattaques, portée par une note de cybersécurité de 78/100. Ces atouts font du pays l'endroit idéal pour installer des centres de données (datacenters), des bases logistiques et les sièges régionaux des entreprises de la tech.

Un deuxième groupe de pays (Sénégal, Burkina Faso, Bénin et Mali) continue d'améliorer la qualité et la solidité de ses connexions. Le Sénégal se démarque avec un réseau Internet solide à 49 % et 60 % de sa population déjà connectée. L'accès y reste financièrement abordable, ne coûtant que 2,57 % du revenu national brut (RNB) moyen, tout en offrant une protection contre les piratages évaluée à 67/100.

De son côté, le Bénin est un champion de la protection en ligne avec une excellente note de cybersécurité de 92/100, même si la solidité de son réseau plafonne à 44 % et que seuls 34 % des habitants utilisent Internet. Pour sa part, le Burkina Faso affiche une solidité réseau de 46 % pour 28 % d'utilisateurs connectés, mais propose les tarifs les plus bas de la zone (moins de 1 % du RNB) et une bonne protection cyber fixée à 70/100.

Enfin, le Mali enregistre une solidité réseau de 44 % et un taux d'utilisateurs de 37 %. En revanche, la protection numérique y est plus faible (29/100) et la connexion coûte nettement plus cher aux habitants, représentant 9,38 % du RNB.

D'autres pays, comme le Niger et la Guinée-Bissau, partent de plus loin mais offrent de très belles occasions d'investissement. Au Niger, la solidité du réseau est encore faible avec un score de résilience de 28 %, et seulement 16 % de la population utilise Internet. Se connecter y reste cher, représentant 9,43 % du RNB moyen, pour une protection contre les attaques informatiques notée à 42/100. De son côté, la Guinée-Bissau affiche une solidité réseau de 29 % et un taux d'utilisateurs de 30 %. L'accès y coûte 6,12 % du RNB et le niveau de cybersécurité y est très bas, avec une note de 6/100.

Ces chiffres montrent qu'il reste presque tout à construire : c'est un terrain idéal pour les entreprises qui installent des pylônes et de la fibre, les fournisseurs d'Internet par satellite et tous ceux qui veulent aider ces populations à accéder enfin au numérique.

Au-delà de cette cartographie, la structure des marchés télécoms régionaux offre de réelles marges de manœuvre pour l'arrivée de nouveaux acteurs ou de solutions alternatives. L'analyse des données montre une forte concentration autour d'acteurs historiques, avec des parts de marché s'élevant à 92 % pour Sonatel au Sénégal, 75 % pour Orange au Mali et 61 % au Burkina Faso. Cette configuration crée un terrain propice pour l'émergence d'offres concurrentielles sur le segment Entreprises, l'intégration de fournisseurs de services Internet indépendants et le développement de réseaux spécialisés.

Par ailleurs, la valorisation du contenu web représente un champ d'investissement sous-exploité mais stratégique. En dehors du Niger où l'hébergement local de contenu atteint 46 % et du Sénégal qui grimpe à 52 %, l'hébergement local reste en deçà de 1 % en Guinée-Bissau, 6 % au Bénin et 12 % au Mali.

Dans ce contexte, la construction d'infrastructures d'hébergement, le renforcement des points d'échange Internet locaux et l'installation de serveurs de cache régionaux constituent autant de leviers capables de réduire les retards d'affichage, d'économiser la connexion et de créer de très bonnes opportunités de services informatiques locaux et rentables.

Anselme Akéko

Publié le 21/08/26 13:48

La Rédaction

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