La dynamique désinflationniste se confirme au sein de l'UEMOA. En avril 2026, le taux d'inflation en glissement annuel est ressorti à 0,0%, contre 0,1% un mois plus tôt, d'après les données de la BCEAO, traduisant une quasi-stabilité du niveau général des prix dans l'espace communautaire.
Cette évolution s'explique principalement par la baisse plus marquée des prix des produits alimentaires, dont le recul s'est accentué à 1,7% après 1,3% en mars, avec une contribution à l'inflation globale de -0,8.
Le ralentissement de la hausse des coûts liés au logement, passés de 2,4% à 1,9%, a également contribué à contenir les tensions inflationnistes. En revanche, cette tendance a été partiellement contrebalancée par une accélération des prix dans le secteur des transports, dont la progression a atteint 1,5% après une stabilité observée le mois précédent.
L'inflation sous-jacente, considérée comme un indicateur de la tendance de fond des prix puisqu'elle exclut les produits frais et l'énergie, a également poursuivi son repli. Elle s'est établie à 0,9% en avril, en baisse de 0,2 point de pourcentage par rapport au mois précédent.
Une Union partagée entre inflation et déflation
L'analyse par pays révèle une situation contrastée. Quatre États membres affichent désormais une inflation négative, tandis que les 4 autres enregistrent une hausse des prix à la consommation.
Le Niger demeure le pays le plus engagé dans une dynamique déflationniste, avec un taux d'inflation de -7,5% en avril 2026. Bien que moins prononcé qu'en janvier dernier, où il avait atteint -10,2%, ce niveau traduit la poursuite d'un mouvement de baisse généralisée des prix. La Guinée-Bissau suit avec une inflation de -2,5%, devant le Bénin (-0,6%) et le Burkina Faso (-0,4%).
À l'opposé, la Côte d'Ivoire et le Sénégal ont les taux d'inflation les plus élevés de l'Union, à 1,4% chacun. Ils sont suivis par le Mali (1%) et le Togo (0,7%).
Malgré ces disparités nationales, l'ensemble de la zone UEMOA demeure dans un environnement de faible inflation, largement en deçà du seuil communautaire de 3%, offrant ainsi un contexte favorable à la stabilité macroéconomique et au maintien du pouvoir d'achat des ménages.
Publié le 05/06/26 12:22
Dr Ange Ponou
SN
CEMAC