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UMOA : Près de 10 200 milliards FCFA de liquidités injectées par la BCEAO en 2025

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L'année 2025 restera comme un exercice charnière dans l'histoire de la politique monétaire de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO).

À travers ses états de flux de trésorerie, l'institution d'émission de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) dévoile une orientation particulièrement expansionniste, marquée par une injection massive de liquidités dans le système bancaire régional.

Dans un environnement économique encore exposé aux tensions géopolitiques mondiales, aux besoins croissants de financement des États et aux fragilités structurelles du secteur bancaire, l'institution monétaire a clairement privilégié le soutien à l'activité et la stabilité du système financier.

Le chiffre est révélateur : la variation nette de trésorerie a atteint 10 198,9 milliards FCFA en 2025, soit plus de 3 fois le niveau enregistré l'année précédente. Un changement d'échelle qui traduit un activisme monétaire assumé.

Une capacité de génération de liquidité en forte accélération

La banque centrale conserve une rentabilité solide malgré un contexte financier exigeant. C'est le premier enseignement des états financiers 2025 publiés par la BCEAO le 27 avril dernier.

Son résultat net s'est établi à 587,9 milliards FCFA, confirmant la robustesse de son modèle financier.

Mais l'élément le plus marquant réside dans les flux générés par l'activité courante. Le flux net de trésorerie issu des opérations d'exploitation a bondi à 10 931,6 milliards FCFA, contre 3 162,5 milliards FCFA en 2024.

Cette forte progression de 245,7% ne relève pas d'un simple ajustement comptable. Elle traduit un élargissement assumé du bilan de la banque centrale et une volonté manifeste d'inonder le marché de liquidités afin d'éviter tout assèchement du financement dans l'Union.

Billets en circulation et dépôts bancaires, les deux moteurs de l'expansion

Le principal levier de cette expansion réside dans la hausse des passifs monétaires. Ces passifs liés aux activités d'exploitation ont augmenté de 7 415,7 milliards FCFA, contre 4 058,1 milliards FCFA un an plus tôt.

Deux postes expliquent l'essentiel de cette évolution : les billets et monnaies en circulation, en hausse de 2 791 milliards FCFA ; et les dépôts des banques commerciales, qui se sont renforcés de 3 212,3 milliards FCFA.

En clair, la BCEAO a accru la quantité de monnaie disponible dans l'économie, à travers la circulation fiduciaire mais également via les réserves détenues par les établissements financiers.

Ce mécanisme constitue l'un des principaux canaux de transmission de la politique monétaire dans l'Union.

Le refinancement bancaire en nette progression

Autre signal fort, la progression des créances sur les établissements de crédit. Elles ont augmenté de 1 080,7 milliards FCFA, matérialisant une intensification des opérations de refinancement accordées aux banques commerciales.

Cette évolution reflète à la fois une demande accrue de liquidité des établissements bancaires, et une volonté proactive de la banque centrale de maintenir le crédit à l'économie

Dans les deux cas, le message envoyé par l'institution est d'éviter toute contraction brutale des financements dans l'UEMOA.

Une trésorerie quasiment doublée en un an

Conséquence directe de cette politique expansionniste, la trésorerie globale de la BCEAO a connu une nette consolidation. Elle est en effet passée de 9 129,2 milliards FCFA en 2024 à 19 328,1 milliards FCFA en 2025.

Ce quasi-doublement renforce considérablement la capacité d'intervention future de l'institution face à d'éventuels chocs externes, qu'ils soient financiers, budgétaires ou liés à la conjoncture internationale.

Des investissements limités, fidèle au rôle d'une banque centrale

Les flux liés aux activités d'investissement sont demeurés marginaux, avec une sortie nette de seulement 28,6 milliards FCFA.

Une configuration logique pour une banque centrale dont la vocation première reste la régulation monétaire et la stabilité financière, bien loin d'une logique classique d'investissement productif.

Par ailleurs, les flux de financement ont affiché un solde négatif de 704,1 milliards FCFA. Cette baisse s'explique notamment par le versement de 24 milliards FCFA de dividendes et diverses opérations effectuées pour le compte des Trésors publics

Ces sorties demeurent toutefois marginales au regard des volumes massifs de liquidités injectés dans l'économie régionale.

Au final, si cette stratégie a permis de préserver la fluidité du financement dans l'Union, elle n'est pas exempte de risques.

Publié le 29/04/26 12:39

Dr Ange Ponou

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