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Washington et l’Union européenne veulent s’allier pour réduire la domination chinoise sur les minerais critiques

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Les États-Unis et l'Union européenne accélèrent leur rapprochement sur les chaînes d'approvisionnement en minerais critiques. Selon des informations rapportées par Bloomberg News et reprises par Reuters, les deux partenaires sont proches d'un accord visant à coordonner la production, le financement et la sécurisation de ces ressources, devenues centrales pour les industries de la transition énergétique et de défense.

Le dispositif en discussion repose notamment sur un ensemble d'incitations économiques destinées à réorienter les flux d'approvisionnement hors de la sphère chinoise. Le plan d'action évoqué inclut des mécanismes de soutien, tels que des garanties de prix planchers, afin d'encourager l'émergence de producteurs alternatifs. Cette approche traduit une volonté d'organiser un marché parallèle structuré autour d'acteurs jugés fiables par Washington et Bruxelles.

Dans cette logique, les deux parties travaillent également à l'harmonisation de leurs normes industrielles, à la coordination des investissements et à la mise en œuvre de projets conjoints. L'objectif est " d'anticiper d'éventuelles ruptures d'approvisionnement liées aux politiques de pays dominants sur certains segments, au premier rang desquels la Chine ", souligne Bloomberg.

Le périmètre de l'accord couvrirait l'ensemble de la chaîne de valeur, de l'exploration au recyclage. Selon le protocole d'accord évoqué, il s'agit d'intégrer " l'exploration, l'extraction, le traitement, le raffinage, le recyclage et la valorisation " dans une logique coordonnée entre les deux blocs. Cette approche globale vise à réduire la dépendance aux capacités industrielles chinoises, notamment dans le raffinage des terres rares, où Pékin conserve une position dominante.

Ce rapprochement intervient après plusieurs mois d'échanges politiques soutenus. En mars, le commissaire européen au commerce, Maroš Šefčovič, évoquait une réunion " très positive " avec son homologue américain, Jamieson Greer, en marge d'une rencontre de l'Organisation mondiale du commerce organisée au Cameroun. Les discussions avaient déjà porté sur les minerais critiques, dans un contexte marqué par des tensions commerciales persistantes.

De part et d'autre de l'Atlantique, les priorités convergent. Les États-Unis cherchent à sécuriser leur accès aux terres rares et aux métaux stratégiques indispensables aux batteries, aux semi-conducteurs et aux technologies militaires. L'Union européenne, confrontée aux mêmes contraintes, s'aligne progressivement sur cette stratégie.

L'Afrique centrale, nouveau front de la rivalité

Cette alliance naissante intervient alors que l'Afrique s'impose comme un terrain stratégique de confrontation entre Washington et Pékin. La République démocratique du Congo et la Zambie constituent le socle de la production de cuivre sur le continent, tandis que la RDC domine largement la production mondiale de cobalt. La ceinture du cuivre d'Afrique centrale se retrouve ainsi au cœur de la course aux minerais nécessaires à la transition énergétique.

Dans le prolongement de cette stratégie, Washington intensifie ses initiatives en Afrique. Au-delà du cadre de coopération en discussion avec l'Union européenne, les États-Unis multiplient les partenariats bilatéraux pour sécuriser leur accès aux ressources.

En République démocratique du Congo, un accord-cadre signé en décembre 2025 a ouvert la voie à une coopération renforcée dans l'exploration du cobalt, du cuivre et du lithium. Selon Reuters, Kinshasa a ensuite transmis à Washington une liste d'actifs miniers incluant " le manganèse, le cuivre-cobalt, l'or et le lithium ", accompagnée de la mise en place d'un comité de pilotage conjoint chargé du suivi du partenariat.

Dans cette dynamique, les États-Unis étendent également leur présence au Cameroun. Une réunion trilatérale tenue à Yaoundé avec l'Australie a permis de mettre en avant les ressources locales. Dans un communiqué publié le 8 avril 2026, l'ambassade américaine indique que les échanges visaient à " renforcer la coopération et favoriser la mise en place de chaînes d'approvisionnement sûres et diversifiées ".

Le document précise en outre que " le potentiel minier du Cameroun a été largement mis en avant, notamment pour des ressources jugées stratégiques telles que le cobalt, le rutile et le nickel ", tout en évoquant des discussions autour des " opportunités d'investissement, d'exploitation minière responsable et de développement du secteur ".

Le sous-sol camerounais attire en effet une attention croissante en raison de la diversité de ses ressources critiques. Le gisement de Nkamouna-Lomié illustre cette attractivité, avec des réserves estimées à environ 100 millions de tonnes, incluant cobalt, nickel et manganèse. D'autres indices miniers recensés dans les régions du Sud et de l'Est viennent renforcer ces perspectives.

 

Perton Biyiha

Publié le 10/04/26 16:48

La Rédaction

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