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j'espère que ça vous divertira

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Aferkiw Aferkiw
04/02/2026 14:50:22
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Suis-je bien sur el-Boursa? Winou el 3ark wel ma3rouk wettfourikh?



Un régal.

Merci @Cartesien.


  
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Cartesien Cartesien
04/02/2026 14:36:38
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@Airoud

Pas encore, c'est dans une dizaine d'années, mais là je suis en congé, j'en profite pour lire et écrire.


  
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airoud123 airoud123
04/02/2026 14:28:28
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@cartésien:

je crois mon ami que t'as raté ta vocation:):):) tu es à la retraite pour trouver tt ce temps !!!!!!!!!!!


  
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Cartesien Cartesien
04/02/2026 14:21:19
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Le récit d’un rêve extravagant sur une réforme surréaliste du marché financier

Au commencement, était le rêve

Par une journée glaciale, où il pleuvait des cordes, Bouzid, dit El-Chef, un homme singulier d’un certain âge, bien instruit et connu pour son caractère intrépide et opiniâtre, piqua une sieste après s'être délecté d'un succulent lablabi arrosé d'une Boga Cidre. Il ne tarda pas à s'abandonner docile dans les bras de Morphée, et rêva .....:

Son excellence, El-Chef, ministre des affaires Rationnelles promulgue le décret fondateur et révolutionnaire dont ci-dessous le texte:

L’Acte Administratif n°007-BVM : Pour un Marché des Capitaux Juste, Équitable, et Surtout Sobre

Chers investisseurs, concitoyens et rêveurs de gains improbables,

Il a été porté à notre attention que certaines mauvaises langues – nous les appellerons « les grincheux du graphique » – osent émettre des doutes sur la santé éclatante de notre marché financier national. Ces esprits chagrins, s’appuyant sur des concepts obscurs et importés comme « la loi de l’offre et de la demande », « la profitabilité » ou pire, « le dividende », sèment le trouble dans l’esprit du petit porteur.

Nous ne pouvons plus tolérer cette anarchie numérique où le prix d’une action, émanation pourtant pure de notre souveraineté économique, pourrait… fluctuer ? Fluctuer, c’est montrer de l’indécision. C’est être capricieux. Ce n’est pas conforme à l’éthique de la Stabilité Triomphante.

Ainsi, par décret, nous mettons fin à l’ère hasardeuse de la cotation libre.

Désormais, la Bourse fonctionnera sur le modèle éprouvé du Supermarché de la Valeur Nationale. Chaque titre se verra attribuer, par notre très sage Direction de l’Évaluation Patriotique (DEP), une Valeur Consensuelle Nationale (VCN). Cette VCN n’est pas un simple chiffre. C’est un idéal. Elle est calculée selon une formule scientifique mêlant la valeur nominale historique, l’orgueil national, le nombre d’employés et la beauté du logo de l’entreprise.

Règlement d’affichage des prix en vigueur :

· Prix Minimum Autorisé (PMA) : VCN – 10%. Par solidarité, on ne brade pas un fleuron national. Vendre en dessous, c’est comme vendre le drapeau au poids du tissu. C’est un acte de pessimisme économique, puni par le Code des Transactions Sereines.

· Prix de Référence Conseillé (PRC) : La VCN. Le juste prix. Celui qui vous regarde dans les yeux avec franchise.

· Prix Maximum Autorisé (PMAX) : VCN + 10%. Par mesure de modération et pour éviter les accès de joie spéculative indécents. Acheter au-dessus, c’est faire preuve d’un enthousiasme déplacé et potentiellement perturbateur. Également réprimandé.

Sanctions pour infraction au code des prix administrés :

· Pour le vendeur pessimiste qui insisterait pour vendre en dessous du PMA : Obligation de suivre un stage de rééducation à la confiance nationale, intitulé « Mon entreprise, ce diamant : apprendre à voir la valeur là où il n’y a pas de cash-flow ». Amende symbolique payable en… actions de la société en question.

· Pour l’acheteur euphorique qui aurait la folle idée d’offrir plus que le PMAX : Stage obligatoire sur « Les vertus de la retenue dans un marché mature ». Il devra également écrire 100 fois : « Une plus-value trop rapide est une insulte au travail de fond de nos administrateurs. »

Ainsi, chers concitoyens, investissez l’esprit tranquille. Ici, le marché ne monte ni ne descend. Il affirme. Il consolide. Il administre sa propre réalité.

Vive la valorisation raisonnable, et longue vie à la VCN !

Le Ministre des Affaires Rationnelles,

El-Chef tombe dans les filets de l’obscur Monsieur X (sans brancher)

A peine sa signature alambiquée apposée sur le texte, un sourire large se dessina sur sa bouche. Dans la même seconde, il écarquilla brusquement ses yeux et sursauta de son lit, au mépris des recommandations de son médecin. Il prit hâtivement, en titubant, le chemin de son secrétaire d’où il prit un stylo et un vieux calepin, s’écroulât dans la foulée sur sa chaise et transcrit d’un seul jet, sans aucune faute, omission ou même rature, l’intégralité de son précieux décret, qu’il lira, relira et admira longuement avant de fermer le calepin et le ranger avec précaution dans la poche intérieure de son manteau, accroché non loin de là.

L’après-midi, la pluie cessa, la grisaille se dissipa et les moineaux égayèrent l’atmosphère de leurs chants mélodieux. El-Chef y vit un signe divin, il enfila son manteau et se dirigea illico presto vers le café du coin, où il avait pris l’habitude de siroter un café avec son vieil ami que je nommerai ici « X ». X était un arriviste notoire, qui n’a aucun scrupule à retourner sa veste au grès du vent. Ayant fait son temps, son étoile commença à ternir et il était devenu angoissé à l’idée de passer par la trappe des oubliettes. El-Chef y trouva un bon ami taciturne, qui écoutait sans flancher ses ritournelles favorites et nostalgiques sur les marchés financiers et sur les actes d’héroïsme patriotique qu’il aurait accomplis en maudissant les « temps modernes » ou les incultes se croient des génies.

Ce jour la El-Chef était impatient de faire part à son ami de son illumination, à peine le vit il attablé nonchalamment, qu’il posa son calepin ouvert devant lui en articulant fièrement « qu’en dis tu ? »….en enlevant son manteau l’accrochant au dos d’une chaise sur laquelle il prit place.

X se redressa et commença à lire attentivement sous un flot continue de paroles enthousiastes débité hystériquement par El-Chef qui gesticulait nerveusement. X ne tarda pas à qualifier, en son for intérieur ce texte d’ineptie et de divagation, mais il comprit vite, qu’un tel projet, ne manquera pas de trouver une oreille bienveillante auprès des autorités et qu’il pourrait être le précieux sésame qui rouvrira les portes qui lui sont devenus closes, faire briller à nouveau son étoile et épancher sa rancœur et sa soif de vengeance.

A peine sa lecture achevée, il ferma le calepin et le glissa doucement sur la table en direction de El-Chef sans mot prononcer. Un silence de quelques secondes s’installa avant que El-Chef n’interpelle impatient son ami : « alors ? ». X répondit sèchement, « bravo mon ami, c’est un excellent travail, mais tu perds ton temps pour rien, personne ne comprendra ni ne prendra la peine pour le promouvoir ». El-Chef fut abasourdi et peinait à réaliser la réaction de son ami, qui auparavant, acquiesça systématiquement tout ce qu’il disait. Il en conclut, que son ami a tout à fait raison, ce n’était qu’un rêve, il s’est emporté naïvement. Il reprit son calepin, l’enfouit dans la poche de son manteau et commanda un café. Glacé par l’attitude de son ami, et souffrant d’une hypertrophie de la prostate, une envie pressante d’uriner submergea El-Chef qui ne tarda pas à prendre la direction des WC. A peine le dos tourné, X fit les poches de El-Chef et déroba le calepin comme si de rien n’était. De retour des WC, El-Chef avala debout son café d’un trait, enfila son manteau et s’excusa auprès de son ami pour rentrer chez lui déçu et amer.

Le rêve d’El-Chef qui devient réel, malgré lui

Les jours suivants, El-Chef revint à son train-train quotidien et notamment les pauses quotidiennes au café du coin, sauf que son ami X se fit de plus en plus rare jusqu’à disparaitre complètement sans laisser trace. Pendant ce temps et à mesure que les absences de X se prolongeaient, un trend inhabituel prit d’assaut les réseaux sociaux. Des groupes et des pages innombrables, furent créées dans le seul dessein de décrier les manipulations des IB et des boursicoteurs influenceurs qui gonflent les prix de certains titres et dénigrent d’autres et principalement ceux à participation publique. Des milliers de petits porteurs prétendues victimes font entendre leurs voix en racontant des histoires lugubres où cupidité, manipulation, harcèlement et escroquerie des IB faisait légion, propageant dans l’opinion publique l’idée que tous les gros opérateurs sur le marché sont pourris et corrompus et invitant les autorités à légiférer sur la question pour mettre un terme à cette mascarade.

El-Chef, prit part à ce mouvement qui répondait parfaitement à ses aspirations. Il chercha son calepin mais ne le trouva pas alors, il posta ses propositions de façon anonyme. Ce trend monta crescendo jusqu’au jour où il entendit à la télé un discours officiel condamnant les manipulations au niveau de la bourse, saluant les victimes, leur promettant justice et réparation et annonçant la promulgation d’une nouvelle loi, qui parut dans la presse le lendemain.

El-Chef, n’en cru pas ses yeux en lisant son décret reprit presque mot à mot dans la loi, à l’exception de la DEP : Direction des Evaluations Patriotiques remplacée par CNEP : Conseil National des Evaluations Patriotiques. Il regretta d’avoir suivi les recommandations de son ami X de ne pas aller plus loin avec son projet et d’avoir, en plus, publié ses propositions de façon anonyme.

Des quelques désagréments ayant perturbé l’application du décret :

Le décret fut publié avec entrée en vigueur immédiate. Le CNEP, est composé de 3 juges 1 expert en économie 1 petit porteurs 1 Imam et 1 représentant du ministère des affaires rationnelles. Le lendemain de la publication de la loi, la séance a commencé vers midi le temps de préparer et installer le panneau d’affichage commandé à la hâte en contreplaqué peint en noir et qui faisait 6 m de hauteur et 3 m de largeur pour y inscrire, à la craie, de façon lisible toutes les valeurs cotées et y indiquer les PAM, PMAX et VCN.

Une fois installé et la séance ouverte, elle a été clôturée ¼ heure plus tard : il n’y avait aucun prix à afficher, le CNEP n’étant pas encore constitué. La bourse restera fermée une semaine avant que par une publication sur la page FB du Ministère des Affaires Rationnelles, on décida que l’application de la loi sera différée jusqu’à la nomination des membres du CNEP.

A l’ouverture au bout de la semaine, tous les titres sans exceptions sont réservés à la Baisse, tout le monde vend, et personne n’achète et ça a duré 5 séances, des PP ont déprimé, ont été atteint de divers infarctus ou se sont suicidés. Mais rien de grave qui pourrait justifier un rétropédalage qui ouvrira une brèche dans la trappe aux rats ennemis du peuple.

Un premier lot de mesures révolutionnaires :

Pour corriger les quelques lacunes ayant entravé la bonne application du décret, des décisions audacieuses ont été décrétées :

1- Les entreprises publiques sont obligées de racheter aux PP leurs actions au cours de la dernière cotation

2- Les ministres des finances, de l’économie, des affaires rationnelles, de la justice et le Mufti ont été limogés ainsi que plusieurs responsables et hauts cadres dont Mr X ont été interpellés, incarcérés et poursuivi pour corruption, complot contre la sureté de l’Etat, vagabondage et trafic de stupéfiants.

Les entreprises publiques, ont commencé à acheter massivement les titres que tout le monde voulait se débarrasser, le volume échangé, a chamboulé tous les chiffres connus sur la taille des flottants. Les entreprises publiques, déjà dans une situation désastreuse, se sont trouvées majoritaires dans des sociétés dont le flottant connu ne dépassait pas 10%, on ne sait par quelle magie. Pendant ce temps, les plaintes des petits porteurs, dont les ordres de vente disparaissaient bizarrement, ou qui sont rejetés par les IB pour des motifs absurdes, continuaient à inonder les réseaux sociaux.

Les médias n’ont pas cessé d’accomplir leur mission patriotique en toute neutralité afin de désamorcer la panique générale qui pointe du nez. Alors on voyait souvent des reportages vidéos avec des vieillards empoignant des liasses entières de billets de banque à la porte d’entrée de certaines entreprises publiques, jubilant de joie et arrosant les autorités d’un flot ininterrompus de discours dithyrambiques. D’autres fois, on voyait d’autres misérables vieillards à la porte des locaux des intermédiaires, sortant bredouille, les mains vides criant leur désarroi et frustration.

A l’issu de ce premier épisode qui a duré environ 6 mois, des avancées remarquables ont été accomplies, malgré les mauvaises langues qui continuaient de pointer quelques insuffisances, par ailleurs, tout à fait normales et compréhensibles dans une réforme aussi révolutionnaires :

- Des quantités énormes de titres sont tombées dans les mains des entreprises nationales, sans pour autant réduire de façon critique le flottant, infligeant par la même, un camouflé aux pseudo experts qui brandissaient haut et fort la menace sur la liquidité du marché en cas de disparition du flottant.

- Les Petits Porteurs, ont pris d’assaut les entreprises publiques pour exiger le rachat de leurs actions et récupérer le prix en liquide séance tenante. Les PDG de ces entreprises qui ont refusé de se conformer à la volonté du peuple ont été limogé promptement, ce qui finira par satisfaire les PP.

- Les banques ont ouvert les vannes aux entreprises publiques pour leur permettre de financer les rachats massifs de titres à des taux préférentiels, permettant de dynamiser un secteur en manque d’opportunités et injectant des liquidités importantes dans l’économie.

Mais certains responsables qui ont gardé leur sagesse, ont fini par obtenir gain de cause : en effet, cette situation ne peut perdurer éternellement, le marché doit faire son boulot. Un deuxième lot de mesures pour dynamiser le marché fut décrété en attendant la publication de la liste des membres du CNEP.

Un deuxième lot de mesures révolutionnaires :

Afin de dynamiser le marché, et forcer la main aux Mostakrichines tout en observant scrupuleusement, les principes de justice, il a été décidé :

1- La loterie nationale d’allocation transactionnelle « LNAT » : par tirages au sort, 10% des détenteurs de comptes titres seront désignés Acheteur Elus, et autres 10% seront désignés Vendeurs Elus. Les valeurs à vendre et à acheter au cours du mois, feront l’objet d’une liste publiée sur le BO du CMF.

2- Interdiction de l’inertie passive : est puni par le dessaisissement partiel des titres en question, tout détenteur de titres qui maintiendrait une position non mouvementée à l’achat et à la vente pendant 3 mois consécutif.

3- Le plafond de la fidélité raisonnable : aucun titulaire de compte n’est autorisé à détenir dans son portefeuille, des titres dont la proportion dans la valeur globale de son portefeuille dépasserait 33,33333333….% .

Dès l’entrée en vigueur de ce décret, le marché a commencé à fonctionner à plein régime, sans que l’on sache pourquoi, pourtant les prix de toutes les actions se négociait dans une fourchette de +/-6% par rapport à la dernière cotation. Plus intriguant encore, dès qu’un titre évolue de 6%, personne ne vend et n’achète. Tout rentra dans l’ordre, les entreprises publiques ont vendu leurs prises de participations à -6% sans rembourser leurs emprunts et les vieillards sont retournés à la bourse appâtés par le mirage des gains improbables.

Cette histoire a cloué le bec aux brebis galeuses, aux mauvaises langues et aux cupides qui s’attachent à leur rente et leurs avantages indus.

Tout est bien qui finit bien, en fait pas tout à fait.

PS : au passage j’ai oublié de mentionner que les membres du CNEP ont été désignés, mais la publication des VCN a subi un contretemps tout à fait compréhensible. En fait la formule est tellement parfaite qu’il faut tout définir minutieusement :

- Qu’est ce qu’une valeur nominale historique ? c’est la valeur juridique ? c’est la valeur apparente ? c’est la valeur mathématique ?.....

- Comment évaluer l’orgueil nationale ? on tomba d’accord pour attribuer cette mission à l’association des victimes de la révolution.

- Comment déterminer le nombre d’employés ? faut-il tenir compte des stagiaires, des employés en CDD ? faut-il attribuer la même pondération pour les cadres et les ouvriers non qualifiés ?.....

- Comment évaluer la beauté du Logo ? créer une commission nationale composé d’éminents artistes ? procéder par vote populaire ?....

On décida enfin de créer une plateforme électronique dans le cadre de la démocratie directe ou chaque citoyen donnera son avis sur des question préparées d’avance.

Indépendamment de toute cette agitation constructive et salutaire, aucun des acteurs du marché, ne se souciait ou accordait le moindre intérêt à ce débat, sauf un personnage non moins excentrique que El-Chef.

Rencontre improbable avec El-Fahem, qui a découvert le pot aux roses dans le café Ennasba.

Dans une ruelle, non loin de la bourse, existe un café dans un ancien immeuble de 7 étages, portant le nom, peu attrayant « Ennasba ». S’était un café mal fréquenté et bien connu des services de l’ordre, aucun des « gens biens » n’osait s’y hasarder.

Par une belle journée, en passant par cette ruelle, je n’aurais jamais pu imaginer le spectacle qui se dessina devant mes yeux : Trois patrouilles de police devant le café, des voitures de luxe stationnées partout et des gens en costume cravates portant des valises diplomatiques et escortés par des gardiens de corps qui entraient et sortaient du café. J’étais sur le point de rebrousser chemin, quand une main qui vient de se poser sur mon épaule me fit sursauter de terreur. « Oh ! mon ami El Fahem, que fais-tu là ? »

Chef, Ya chef, ti 9oum, il moghrib 9rib y2athen. C’est par cet appel, que le rêve cauchemardesque du El-Chef fut interrompu, mais il continua à le hanter des jours et des nuits pour percer le mystère du café Ennasba.



  
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