Après plus de 40 ans de partenariat, la coopération entre la Banque africaine de développement (BAD) et la République de Corée entre dans une nouvelle ère, centrée sur l'intelligence artificielle (IA), les technologies numériques et les infrastructures résilientes.
À l'occasion de la 8e Conférence ministérielle de la Coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC), qui vient de s'achever à Séoul, le président du Groupe de la BAD, Dr Sidi Ould Tah, et le vice-Premier ministre et ministre des Finances et de l'Économie de Corée, Koo Yun-cheol, ont signé, le 9 septembre, une lettre d'intention formelle scellant cette orientation stratégique.
Cette lettre vise à stimuler le développement du continent en s'appuyant sur des outils de pointe et la finance durable, dans la continuité de 20 années de partenariat structuré par la KOAFEC. Elle s'inscrit également dans le thème de la 8e Conférence ministérielle : ‘'Exploiter l'intelligence artificielle et les infrastructures numériques pour la transformation de l'Afrique''.
Datacenters, connectivité et application de l'IA
Afin de matérialiser cette ambition, les deux parties ont dévoilé une feuille de route articulée autour de trois priorités : le développement d'infrastructures dédiées à l'IA, l'intégration de solutions intelligentes dans les secteurs productifs et le renforcement massif des compétences numériques. Au cœur de ce dispositif figure le ‘'Korean Artificial Intelligence Package'' (K-AI Package).
Concrètement, ce programme d'envergure combine la création de datacenters, le déploiement d'infrastructures énergétiques adaptées, l'amélioration de la connectivité et l'application de l'IA dans des domaines essentiels tels que l'agriculture, la santé, l'énergie et les transports.
‘'J'ai l'intime conviction qu'ensemble, nous pouvons transformer les opportunités de l'Afrique en projets porteurs de croissance, d'emplois et de prospérité partagée'', a déclaré Dr Sidi Ould Tah. De son côté, Koo Yun-cheol a réitéré l'engagement de son gouvernement : ‘'Le gouvernement coréen a décidé de soutenir les pays qui veulent développer l'IA selon leurs priorités''.
Sur le plan économique, le président de la BAD a rappelé que l'IA pourrait contribuer à hauteur de 1 000 milliards USD au produit intérieur brut (PIB) africain à partir de 2035, à condition que les investissements adéquats soient rapidement réalisés. Toutefois, le continent fait face à des contraintes structurelles, ne représentant aujourd'hui que moins de 2% de la capacité mondiale des datacenters.
Plus de 6 milliards USD investis
Historiquement, Séoul s'impose comme un partenaire financier de poids pour l'institution panafricaine. Membre du Fonds africain de développement depuis 1980 et de la BAD depuis 1982, la République de Corée a créé en 2006 le Fonds fiduciaire KOAFEC, aujourd'hui le plus important fonds fiduciaire bilatéral actif de la Banque, avec 132,82 millions USD de contributions coréennes au 31 mai 2026.
Selon la BAD, l'allocation de 50 millions USD à l'assistance technique et à la préparation de projets a permis de structurer plus de 40 opérations d'investissement totalisant plus de 6 milliards USD, tout en générant au moins 4 milliards USD de financements complémentaires par effet de levier. Ce mécanisme a également soutenu plus de 1 300 start-up et entrepreneurs, profité à plus de 1 200 entreprises et favorisé la création de plus de 5 000 emplois sur le continent.
Anselme Akéko
Publié le 16/09/26 11:27
La Rédaction
SN
CEMAC