Réuni le 11 septembre 2026, le Conseil des ministres congolais a approuvé la mise en place d'une " DRC-USA Task Force ", chargée de suivre et d'accélérer la concrétisation des engagements pris entre Kinshasa et Washington. La création de cette cellule intervient neuf mois après la signature, le 4 décembre 2025, du Strategic Partnership Agreement entre la République démocratique du Congo (RDC) et les États-Unis. Ce cadre de coopération couvre les minerais critiques, les infrastructures et la gouvernance, avec également un volet consacré à la sécurité.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres, la Task Force doit permettre de " transformer les engagements pris dans le cadre du partenariat en résultats économiques et sécuritaires concrets pour les citoyens congolais ".
Le gouvernement congolais n'a pas encore détaillé la composition de cette cellule ni publié la liste des projets qui seront placés sous sa responsabilité. D'après un responsable gouvernemental cité par Reuters, la Task Force devait initialement commencer ses activités en février, mais son opérationnalisation a été retardée par des difficultés administratives.
Des actifs miniers au financement américain
Le partenariat signé en décembre 2025 prévoit notamment un mécanisme baptisé Strategic Asset Reserve. Dans ce cadre, Kinshasa doit identifier des actifs miniers stratégiques, des actifs aurifères ainsi que des zones d'exploration susceptibles d'intégrer cette réserve. Pour les actifs concernés, les investisseurs américains bénéficient d'un droit de première offre.
Ce dispositif accorde ainsi aux entreprises américaines un accès prioritaire à certaines opportunités minières sélectionnées par les autorités congolaises, sans pour autant transférer la propriété des ressources minières aux États-Unis, selon la description de l'accord publiée par l'Agence internationale de l'énergie.
Le partenariat prévoit également une Strategic Minerals Reserve, destinée notamment à contribuer à la gestion des ressources stratégiques et au développement de leur transformation locale. Le cuivre et le cobalt figurent parmi les minerais au cœur du dispositif, aux côtés du germanium et d'autres substances considérées comme critiques.
Cette coopération commence déjà à se traduire par des opérations dans le secteur minier. Reuters rapporte notamment un investissement soutenu par les États-Unis via la société Virtus Minerals, ainsi qu'un élargissement des accords d'achat de cuivre conclus entre la société publique Gécamines et les négociants Mercuria et Glencore. Ces opérations ont contribué à accroître les ventes de cuivre congolais vers les marchés occidentaux.
Ce mouvement s'appuie notamment sur une lettre d'intention annoncée en décembre 2025 par la DFC, l'agence américaine de financement du développement, portant sur un investissement en capital dans une coentreprise entre Gécamines et Mercuria. Celle-ci doit contribuer au développement de la commercialisation du cuivre et du cobalt congolais.
L'accès aux minerais ne constitue toutefois qu'un volet du partenariat. Pour Washington comme pour Kinshasa, la valorisation des ressources stratégiques passe également par la disponibilité d'infrastructures capables d'assurer leur acheminement vers les marchés internationaux. C'est dans cette logique que le corridor de Lobito occupe une place importante dans l'architecture du partenariat.
Ce corridor relie les bassins miniers de la RDC et de la Zambie au port angolais de Lobito, sur la façade atlantique. Il doit ainsi faciliter l'exportation des minerais tout en renforçant les connexions logistiques entre les zones de production et les marchés extérieurs.
La coopération américaine prévoit également des interventions autour du corridor Sakania-Lobito, du projet hydroélectrique de Grand Inga et de l'industrialisation des zones minières, selon le ministère congolais des Affaires étrangères. L'Union européenne et les États-Unis ont parallèlement affirmé leur soutien au développement du corridor de Lobito et aux investissements dans les infrastructures de la région.
Cette dimension infrastructurelle vise ainsi à accompagner le volet minier du partenariat, en créant les conditions logistiques nécessaires à l'exploitation, à la transformation et à l'exportation des ressources congolaises.
Le volet économique est enfin associé à une dimension sécuritaire. Un mémorandum de coopération porte notamment sur la protection des infrastructures critiques, la lutte contre les trafics transfrontaliers de minerais et la stabilisation des zones affectées par les conflits.
Claude Paul Tjeg
Publié le 16/09/26 11:17
La Rédaction
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