A l'aéroport international Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan-Côte d'Ivoire, la plus grande plateforme aéroportuaire du pays, la question de la livraison des bagages est devenue un enjeu stratégique de qualité de service, au moment où la plateforme enregistre une montée en puissance du trafic et se prépare à des pics de fréquentation de plus en plus marqués. Face aux plaintes récurrentes des passagers, le ministère ivoirien en charge des Transports a décidé de reprendre la main sur un maillon essentiel de l'expérience aéroportuaire, souvent perçu comme le talon d'Achille des hubs africains en croissance rapide.
Derrière la question apparemment technique de la livraison des bagages, se joue un enjeu économique plus large. Hub régional en devenir, Abidjan ambitionne de renforcer son attractivité auprès des compagnies aériennes, des voyageurs d'affaires et du tourisme international. Or, dans un secteur hautement concurrentiel, la qualité de l'expérience passager est devenue un critère décisif.
C'est ainsi que le 29 décembre 2025, a eu lieu une réunion de haut niveau réunissant l'ensemble des acteurs clés de la plateforme. Présidée par le directeur de cabinet du ministre des Transports, Dioman Coné, cette séance de travail marque un tournant, celui d'une approche coordonnée et pilotée par l'autorité publique pour résoudre des dysfonctionnements structurels.
Au cœur des discussions, un examen minutieux du circuit des bagages, depuis l'enregistrement aux comptoirs de départ jusqu'à la livraison à l'arrivée, en passant par les correspondances et le convoyage en soute. Les échanges ont mis en lumière des failles opérationnelles liées à la coordination entre intervenants, à la capacité des équipements et à la gestion des flux lors des périodes de forte affluence. Parmi les mesures immédiates actées, figure l'ajout de tapis bagages supplémentaires, destiné à réduire les temps d'attente en salle d'arrivée, l'un des irritants majeurs pour les voyageurs. Mais au-delà de l'équipement, c'est surtout la gouvernance des opérations qui est appelée à évoluer.
Le ministère des Transports a annoncé la création prochaine d'un comité de suivi opérationnel, composé de représentants par entité intervenant sur la plateforme. Ce comité aura pour mission de piloter, coordonner et, si nécessaire, arbitrer les opérations liées au traitement des bagages, dans une logique de responsabilité partagée.
Autre innovation majeure, la mise en place d'un centre de coordination opérationnelle journalier (CCOJ), adossé à un rapport quotidien des activités aéroportuaires. L'objectif est de fluidifier la circulation de l'information en temps réel, anticiper les pics de charge et ajuster rapidement les ressources humaines et techniques en fonction des flux. Conscientes de cet enjeu, les autorités et les opérateurs se sont engagés à une résolution complète des problèmes d'ici fin février 2026, un calendrier resserré qui traduit l'urgence de la situation.
Narcisse Angan
Publié le 07/01/26 08:54