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Guerre en Iran : L’ONU alerte sur une flambée mondiale de la faim et un choc alimentaire inédit

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La crise géopolitique au Moyen-Orient menace désormais de se transformer en crise alimentaire mondiale. Les Nations unies tirent la sonnette d'alarme. Si le conflit en Iran se prolonge, jusqu'à 45 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la faim aiguë, portant le total à un niveau sans précédent.

Selon un communiqué publié par le Programme alimentaire mondial ce 17 mars, la planète pourrait compter jusqu'à 363 millions de personnes en situation d'insécurité alimentaire sévère, un seuil qui dépasserait celui atteint après le choc provoqué par l'invasion de l'Ukraine en 2022. Une perspective qui souligne l'ampleur systémique des tensions actuelles.

Le détroit d'Ormuz au cœur du choc économique

Au centre des inquiétudes figure la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, artère stratégique du commerce mondial. Ce passage clé pour les hydrocarbures concentre une part essentielle des flux énergétiques, et toute perturbation y provoque des répercussions immédiates sur les prix du pétrole, du carburant et, par ricochet, des engrais.

À cela s'ajoutent les tensions persistantes en mer Rouge, qui désorganisent davantage les chaînes logistiques mondiales. Résultat, une hausse généralisée des coûts de transport et des intrants agricoles, qui se répercute directement sur les prix alimentaires.

‘'Si ce conflit se poursuit, il provoquera des ondes de choc à travers le monde, et les familles qui n'ont déjà pas les moyens de se payer leur prochain repas seront les plus durement touchées'', avertit Carl Skau, directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial.

Une transmission rapide aux économies vulnérables

Le mécanisme de propagation est désormais bien identifié. La hausse des prix de l'énergie renchérit les coûts de production agricole et de transport, tandis que les perturbations logistiques réduisent l'offre disponible. Ce double effet alimente une inflation alimentaire qui frappe en priorité les pays les plus dépendants des importations.

Les économies d'Afrique subsaharienne et d'Asie apparaissent particulièrement exposées. Fortement tributaires des marchés internationaux pour leur approvisionnement en denrées et en carburants, elles subissent de plein fouet la volatilité des prix mondiaux.

Selon les projections du PAM, le nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire dans ces régions pourrait augmenter d'environ 20%, aggravant une situation déjà critique dans plusieurs pays comme le Soudan ou la Somalie.

En outre, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture anticipe une hausse des prix des engrais comprise entre 15 et 20% au premier semestre 2026 en cas de prolongation du conflit. Une évolution qui pourrait réduire les rendements agricoles à l'échelle mondiale et accentuer les tensions sur les marchés céréaliers.

À terme, la contraction de l'offre de produits agricoles risque d'entraîner une contagion à l'ensemble des matières premières alimentaires, amplifiant la hausse des prix dans les pays à faible revenu.

Un autre facteur d'instabilité réside dans l'arbitrage croissant en faveur des biocarburants. Face à la hausse des prix du pétrole, certains producteurs pourraient être incités à détourner une partie de leur production agricole vers l'énergie, réduisant d'autant l'offre alimentaire disponible.

Ce phénomène, déjà observé lors de précédents chocs pétroliers, pourrait accentuer la volatilité des prix et fragiliser davantage les pays importateurs nets de denrées alimentaires.

Publié le 17/03/26 19:22

La Rédaction

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