Dramane CISSE, DG de la Compagnie minière du littoral (CML) :
Nous sommes passés à 1 million de tonnes de minerai brut et 500 000 tonnes de minerai marchand par an
Dans l'arrière-pays de la Côte d'Ivoire, la Compagnie Minière du Littoral (CML) trace, depuis plus d'une décennie, les contours d'une success story industrielle discrète. Portée par un partenariat sino-ivoirien atypique, une montée en puissance technologique et une vision claire de développement durable, l'entreprise vient de franchir le cap de 1 million de tonnes de minerai brut extraites chaque année. Dans cet entretien exclusif, Dramane Cissé, son Directeur Général, dévoile les ressorts d'un modèle minier alliant performance économique, gouvernance tripartite, impact communautaire et ambition régionale.
Monsieur le Directeur Général, la CML est active depuis plus d'une décennie dans l'exploitation du manganèse à Lauzoua. À ce stade de maturité de vos opérations, comment se porte la société ?
En 2023 également, du fait de la mévente d'une partie de notre production occasionnée par la perturbation du trafic maritime sur la mer rouge dû au conflit israélo-palestinien ; ce qui nous a amené à déclarer un résultat négatif contrairement à 2024 dont le résultat est déclaré positif.
La CML, se porte plutôt bien. Elle a connu quelques difficultés depuis sa création, notamment en 2016 du fait de la chute brutale du cout du manganèse sur le marché mondial, ce qui a entraîné un chômage technique de six mois environs. En 2023 également, du fait de la mévente d'une partie de notre production occasionnée par la perturbation du trafic maritime sur la mer rouge dû au conflit israélo-palestinien ; ce qui nous a amené à déclarer un résultat négatif contrairement à 2024 dont le résultat est déclaré positif. En dépit donc de ces difficultés rencontrées, la CML demeure à ce jour une société stable, ambitieuse et leader dans son secteur d'activité.
La CML est le fruit d'une coopération entre la Côte d'Ivoire, via la SODEMI, et la société chinoise CGM. Comment fonctionne concrètement cette gouvernance à trois têtes (État, SODEMI, CGM) et comment assurez-vous l'alignement stratégique entre les parties ?
Effectivement, la CML est le fruit de la coopération entre la Société pour le développement minier de la Côte d'Ivoire, SODEMI et la China Geological minning, CGM. Je précise que ces sociétés sont toutes deux des sociétés d'Etat qui détiennent respectivement au titre des actions 51% et 39%. Les 10% restant, représentent la part non contributive de l'Etat au regard l'application de l'article 5 du code minier. Il faut noter qu'en tant que société à participation financière publique, la CML est régie par la loi n°2020-886 du 21 octobre 2020.
A ce titre notre tutelle financière demeure le Ministre du Patrimoine, du Portefeuille de l'État et des Entreprises publiques pendant que la tutelle technique est celui des Mines du Pétrole et de l'Energie. En termes de gouvernance, plusieurs membres de l'équipe dirigeante viennent de la SODEMI, je rappelle au passage que j'étais moi-même le Directeur Général adjoint de SODEMI avant d'être le Directeur Général de CML aujourd'hui.
Le partenariat avec la Chine vous apporte-t-il un avantage concurrentiel en matière de technologie, de financement ou de débouchés ?
Parlant de financement, nous avons procédé à un important investissement depuis 2024 pour booster la production. En effet, nous avons acquis de nouvelles chargeuses, de nouvelles pelles, de nouveaux cribles et dernièrement des nouveaux camions avec des partenaires chinois. Nous allons encore investir sur la base de notre plan stratégique 2024-2026.
Bien évidemment !
Comme je le disais, nous sommes à ce jour leader dans l'exploitation et la commercialisation du manganèse en Côte d'Ivoire. Cette place prépondérante est le fruit de la technologie que nous utilisons dans la valorisation de notre produit qui tire sa source dans le partenariat qui nous lie à la Chine. Parlant de financement, nous avons procédé à un important investissement depuis 2024 pour booster la production. En effet, nous avons acquis de nouvelles chargeuses, de nouvelles pelles, de nouveaux cribles et dernièrement des nouveaux camions avec des partenaires chinois. Nous allons encore investir sur la base de notre plan stratégique 2024-2026.
Depuis 2012, vous exploitez la mine de Lauzoua. Pouvez-vous nous donner un aperçu de la production annuelle, de la qualité du minerai et des marchés d'exportation ?
A sa création la production annuelle tournait autour de 150 000 tonnes de minerai marchand. À ce jour, nous sommes passés à 1million de tonnes de minerai brut et 500 000 tonnes de minerai marchand par an avec en moyenne une teneur de 35% Mn. Je précise que nos principaux clients sont situés en Chine et en Inde. Nous comptons toutefois élargir notre portefeuille clients.
Quelles sont vos ambitions pour les années à venir en termes d'augmentation de production, de diversification minière ou d'exploration de nouveaux gisements ?
Nous opérons depuis 2012, sous le Permis d'exploitation (PE) n°36. Mais aujourd'hui, CML est dans une phase d'accroissement de ses activités à travers la sollicitation de nouveaux permis d'exploitation dans la même zone d'activité.
Dans cette perspective, de nouveaux partenariats (financiers, techniques, commerciaux) sont-ils à prévoir ? Si oui, quelles sont plus concrètement vos attentes ?
Bien sûr ! Au risque de me répéter, nous sommes dans la perspective d'élargissement de notre portefeuille client au-delà même de l'Asie avec la signature de nouveaux contrats. Nous comptons améliorer stratégiquement la performance et la qualité de l'outil de production.
Le secteur extractif est scruté de près pour ses impacts environnementaux. Quelles sont vos pratiques concrètes en matière de protection de l'environnement et de gestion des risques écologiques ?
Nous possédons trois lignes de production distinctes, chacune étant dotée de technologies spécifiques adaptées aux caractéristiques granulométriques du minerai extrait. De cette configuration technologique nous optimisons la récupération du minerai, et assurons une production performante et constante, tout en limitant significativement notre empreinte environnementale.
L'originalité de notre procédé de traitement réside dans le recours exclusif à des méthodes physiques fondées sur l'utilisation de l'eau, sans aucun ajout de produits chimiques. Cette approche garantit un traitement du minerai à la fois écologique, durable et respectueux de l'environnement.
Nous possédons trois lignes de production distinctes, chacune étant dotée de technologies spécifiques adaptées aux caractéristiques granulométriques du minerai extrait. De cette configuration technologique nous optimisons la récupération du minerai, et assurons une production performante et constante, tout en limitant significativement notre empreinte environnementale.
Nous avons aussi au sein de la société un service Environnement Hygiène et relations communautaires qui travaille avec les démembrements de l'Etat et des structures spécialisées pour mettre en œuvre et suivre notre politique environnementale. Nous allons d'ailleurs, le mois prochain, procéder à un planting d'arbres sur 2 hectares. Considérez-vous déjà comme invités.
Dans le cadre de la réglementation ivoirienne, vous avez mis en place un Comité local de développement minier (CDLM). Pouvez-vous nous expliquer son rôle, sa composition et son fonctionnement ?
Non, le CDLM n'est pas mis en place par la CML mais plutôt par l'arrêté interministériel n 541/MIM/MEMIS du 27 novembre 2014 portant sa création, son organisation et son fonctionnement. Sans renter dans le détail, il faut dire que la présidence est assurée par le préfet du département de GUITRY. Le Directeur Général que je suis y a désigné un représentant. Et le rôle du CDLM est de réaliser les projets de développement socio-économiques pour les communautés locales arrêtés dans le plan de développement communautaire à partir d'un fonds constitué et alimenté annuellement par la CML.
Quels sont les projets concrets déjà réalisés dans les villages riverains ? Avez-vous des exemples emblématiques dans les domaines de l'éducation, de la santé ou des infrastructures ?
Nous pouvons citer pêlemêle, la construction du collège base 4 à Lauzoua d'un montant global de 199 millions FCFA, la construction de la maternité de DOUGODOU d'un montant de 36 millions FCFA, la construction de trois salles de classe plus un bureau du directeur à Lauzoua Carrefour pour un montant de 33 millions FCFA.
Nous pouvons citer pêlemêle, la construction du collège base 4 à Lauzoua d'un montant global de 199 millions FCFA, la construction de la maternité de DOUGODOU d'un montant de 36 millions FCFA, la construction de trois salles de classe plus un bureau du directeur à Lauzoua Carrefour pour un montant de 33 millions FCFA. Nous allons bientôt livrer six logements d'enseignants dont...
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La Rédaction
Publié le 05/11/25 14:50