menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

Anacarde : Avec 1 000 milliards FCFA de recettes et 43% de transformation locale en 2025, la Côte d’Ivoire accélère sa montée en gamme

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ferme dans 1h33min

La Côte d'Ivoire poursuit sa stratégie de valorisation locale de l'anacarde avec l'ambition de transformer davantage sa production et d'accroître les revenus de l'ensemble des acteurs de la filière. Une orientation qui commence à produire des résultats tangibles dans l'un des secteurs agricoles les plus dynamiques du pays.

Leader mondial de la production et de l'exportation de noix de cajou brute depuis 2021, le pays a franchi en 2025 le cap de 1,5 million de tonnes produites, soit plus de 25% de l'offre mondiale, selon les chiffres officiels. Cette performance a généré plus de 1 000 milliards FCFA de recettes d'exportation, confirmant le poids stratégique de la filière dans l'économie ivoirienne.

Au-delà des volumes, les autorités misent désormais sur la création de valeur locale. ‘'La transformation est une étape décisive en matière de valorisation locale et contribuera à renforcer les revenus des acteurs de la filière'', souligne le gouvernement ivoirien.

Les réformes engagées depuis plus d'une décennie ont profondément restructuré le secteur. L'instauration en 2013 d'un prix plancher garanti aux producteurs a notamment permis d'améliorer leurs revenus et de sécuriser la commercialisation. Pour la campagne 2026, le prix bord champ est fixé à 400 FCFA/kg, après 425 FCFA/kg en 2025.

L'évolution la plus significative concerne toutefois la transformation industrielle. Le volume de noix destiné aux usines locales a quasiment doublé en un an, atteignant 659 579 tonnes en 2025 contre 344 026 tonnes en 2024. En conséquence, le taux de transformation locale est passé de seulement 2% en 2011 à environ 43% en 2025.

Cette montée en régime repose sur un appareil industriel en pleine expansion. La Côte d'Ivoire compte désormais 37 unités de transformation, dont 24 détenues majoritairement par des investisseurs ivoiriens. Le secteur génère près de 20 000 emplois directs, occupés à 66% par des femmes.

L'État entend poursuivre cet effort afin de dépasser le seuil de 50% de transformation locale d'ici à 2030. Plusieurs projets structurants ont déjà vu le jour, notamment le Centre d'innovations et de technologies de l'anacarde à Yamoussoukro, l'usine Dorado Ivory de Toumodi, dotée d'une capacité de 60 000 tonnes pour un investissement de 15 milliards FCFA, ainsi qu'une nouvelle unité inaugurée en 2025 à Kpouèbo, appelée à créer plus de 1 000 emplois directs.

Réhabilitation des pistes rurales, financements dédiés, mesures incitatives à l'industrialisation et programmes de durabilité figurent parmi les leviers que le gouvernement compte encore renforcer. L'objectif est de faire de l'anacarde non plus seulement une matière première d'exportation, mais un puissant moteur de création de richesse et d'emplois sur le territoire national.

Publié le 23/06/26 11:26

Dr Ange Ponou

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

jlCLLDezIKRsLMbSXs-0yNFklkQtJgMeJ672MzqAO2c False