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Au Sénégal, 72 milliards FCFA investis pour élargir l’accès à l’eau et à l’assainissement en zone rurale

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Le gouvernement sénégalais accélère ses investissements dans les infrastructures hydrauliques afin de réduire les inégalités d'accès à l'eau potable et soutenir le développement rural. Deux projets structurants, représentant un investissement global de 72 milliards de FCFA, doivent être mis en service début mars 2026, marquant une nouvelle étape dans la stratégie nationale de sécurisation des ressources en eau et d'amélioration des conditions sanitaires hors des grands centres urbains.

Le premier chantier, qui sera inauguré ce lundi 2 mars dans le cadre du Projet de mobilisation des ressources en eau du bassin versant du Nianija Bolong (PROMOREN), vise à transformer durablement l'économie locale. Piloté par l'Office des Lacs et Cours d'eau avec le soutien financier de l'État sénégalais et de la Banque islamique de développement, le programme permettra de mobiliser chaque année 46,6 millions de mètres cubes d'eau. Cette ressource doit irriguer près de 12 000 hectares agricoles et bénéficier directement à environ 175 000 personnes réparties dans six communes rurales.

Au-delà de l'accès à l'eau, les autorités misent sur un effet d'entraînement économique. Le projet devrait générer environ 60 000 emplois directs et indirects, dont la moitié destinée aux femmes et aux jeunes, tout en soutenant les activités agro-sylvo-pastorales et piscicoles. Il s'inscrit également dans une logique d'adaptation climatique, en renforçant la résilience des écosystèmes face à la variabilité des pluies et à la pression croissante sur les ressources hydriques.

Dans la continuité, le ministre de l'Hydraulique et de l'Assainissement doit inaugurer le lendemain à Gandiaye un système semi-collectif d'assainissement réalisé par l'Office national de l'assainissement du Sénégal (ONAS). D'un coût de 3,31 milliards de FCFA, l'infrastructure comprend 31 kilomètres de réseau d'eaux usées, plus de 1 100 branchements domestiques, deux stations de pompage ainsi qu'une station d'épuration capable de traiter 750 m³ d'eau par jour, complétée par une unité de traitement des boues de vidange.

Ce dispositif doit améliorer durablement la santé publique tout en favorisant une économie circulaire locale, les boues stabilisées étant destinées à être valorisées dans l'agriculture et le maraîchage. Pour les autorités, l'enjeu dépasse la seule infrastructure : il s'agit de structurer des territoires ruraux plus attractifs et économiquement viables.

" L'accès à l'eau et à l'assainissement n'est pas un privilège. C'est un droit humain fondamental et un levier de justice sociale ", a souligné le ministre Cheikh Tidiane Dieye, rappelant que ces investissements doivent simultanément créer des emplois, soutenir la production agricole et réduire les disparités territoriales.

À travers cette approche intégrée, mobiliser l'eau pour produire, assainir pour protéger la santé et stimuler les économies locales, Dakar cherche à faire des infrastructures hydrauliques un pilier central de sa stratégie de développement inclusif, dans un contexte où la croissance démographique et le changement climatique accentuent la pression sur les ressources naturelles.

Publié le 02/03/26 10:41

Mouhamadou Dieng

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