Le Nigeria a conclu un accord d'un montant de 1,3 milliard de dollars (721,7 milliards FCFA) avec l'Africa Finance Corporation pour la construction d'une raffinerie d'alumine destinée à transformer localement la bauxite et à accélérer la diversification de son économie. L'investissement, présenté comme l'un des plus structurants engagés récemment dans le secteur des minéraux solides du pays, vise à positionner Abuja sur la chaîne de valeur de l'aluminium, un marché stratégique pour l'industrie mondiale.
Au cœur du dispositif figure la mise en place d'une unité industrielle capable de traiter environ un million de tonnes de bauxite par an. La raffinerie utilisera le procédé Bayer, technologie de référence dans l'extraction de l'alumine, afin de produire une matière première indispensable à la fabrication d'aluminium. Le projet prévoit également l'installation d'une centrale à gaz dédiée pour sécuriser l'alimentation énergétique du site, un enjeu crucial dans un pays où la fiabilité de l'électricité demeure un défi pour les industriels.
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L'initiative s'inscrit dans la politique de transformation économique portée par le gouvernement du Nigeria, qui cherche à réduire sa dépendance aux hydrocarbures et à mieux valoriser ses ressources minières. Longtemps dominé par le pétrole, le modèle économique nigérian montre aujourd'hui ses limites face aux fluctuations des cours mondiaux. En développant une industrie de transformation locale, les autorités ambitionnent de capter davantage de valeur ajoutée, de créer des emplois qualifiés et de renforcer les recettes en devises.
Selon les projections officielles, la future raffinerie pourrait générer près de 1,2 milliard de dollars par an pour l'économie nationale. Sur une période d'exploitation estimée à une vingtaine d'années, l'impact cumulé dépasserait les 25 milliards de dollars, avec des recettes en devises évaluées à plusieurs milliards grâce aux exportations d'alumine. Ces chiffres traduisent l'ampleur des attentes placées dans le projet, même si leur concrétisation dépendra de la stabilité réglementaire, de la performance opérationnelle et de la dynamique des marchés internationaux.
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Au-delà de l'infrastructure industrielle, l'accord comprend un volet stratégique consacré à la cartographie géoscientifique du territoire. L'objectif est d'améliorer la connaissance des ressources du sous-sol nigérian afin d'attirer davantage d'investissements dans l'exploration et l'exploitation minières. Un véhicule d'investissement dédié devrait également voir le jour pour accompagner d'autres projets structurants dans le secteur des minéraux solides.
Pour l'Africa Finance Corporation, cette opération confirme son rôle croissant dans le financement d'infrastructures industrielles en Afrique. Pour le Nigeria, elle marque une volonté affirmée de s'inscrire dans une logique de transformation locale plutôt que d'exportation de matières premières brutes. Si le calendrier et les modalités précises de mise en œuvre restent à préciser, l'accord ouvre une nouvelle séquence pour le secteur minier nigérian, appelé à jouer un rôle plus central dans la stratégie économique du pays.
Fanuelle YAO
Publié le 02/03/26 11:23
La Rédaction
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