Par un nouvel engagement financier d'envergure, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) renforce son rôle de catalyseur de la transformation agricole au Burkina Faso. En effet, son conseil d'administration a approuvé un paquet de financements de 116,8 millions de dollars, soit 65 milliards FCFA, destiné à soutenir la phase 2 du Projet d'urgence pour le renforcement de la production agricole. Ce projet vise à accélérer la marche du pays vers l'autosuffisance céréalière à l'horizon 2030 et consolider la sécurité alimentaire dans un contexte de forte pression climatique et socioéconomique, selon le communiqué de la BAD publié ce 23 février.
Le dispositif approuvé combine 67,5 millions de dollars de prêt concessionnel et 12,1 millions de dollars de don du Fonds africain de développement, auxquels s'ajoutent 37,2 millions de dollars de la Facilité d'appui aux pays en transition. L'État du Burkina Faso contribue pour 7,2 millions de dollars, traduisant une appropriation nationale affirmée du programme. Lancée en juillet 2023, la première phase a servi de preuve de concept. Plus de 275 000 agriculteurs ont bénéficié de semences améliorées et d'engrais, générant des gains de productivité spectaculaires : +224% pour le riz, +165% pour le maïs, +91% pour le niébé et +33% pour le sorgho. Résultat : la campagne 2024-2025 a vu la production céréalière nationale atteindre 6,1 millions de tonnes, en hausse de 18% sur un an, un record historique.
La seconde phase vise l'industrialisation des acquis. Elle prévoit la distribution de 11 096 tonnes de semences améliorées et résilientes au climat et 120 415 tonnes d'engrais, avec un ciblage prioritaire des femmes, des jeunes et des populations déplacées. Le volet logistique sera renforcé par la construction de quatre grands entrepôts (15 000 tonnes chacun), cinq magasins de 500 tonnes et l'acquisition de 30 camions spécialisés pour une distribution plus efficace et sécurisée.
Sur le plan productif, les objectifs sont ambitieux : 712 500 tonnes de riz, 951 391 tonnes de maïs, ainsi que des hausses significatives des légumineuses riches en protéines. Le projet devrait créer 1 000 emplois, dont 500 pour les jeunes, et bénéficier directement à 720 000 personnes (au moins 50% de femmes et de jeunes), avec un impact indirect estimé à 3,7 millions de bénéficiaires. Au-delà des volumes, l'initiative s'attaque au cœur de la vulnérabilité agricole : la variabilité climatique. En promouvant des pratiques climato-intelligentes et des variétés résistantes à la sécheresse, le projet renforce la résilience des exploitations. Il parachève également les réformes juridiques et institutionnelles des filières semences et engrais engagées en phase 1, afin d'assurer un approvisionnement durable en intrants de qualité.
Publié le 24/02/26 08:54
Narcisse Angan
SN
CEMAC