C'est officiel. Après plusieurs semaines, le décret autorisant l'acquisition par l'État burkinabè d'une participation supplémentaire de 25 % dans la mine d'or de Kiaka a été publié le 16 avril 2026 au Journal officiel. West African Resources (WAF), groupe australien et opérateur de la mine, a confirmé la nouvelle le 21 avril dans un communiqué, annonçant travailler désormais avec la Société de participation minière du Burkina Faso (SOPAMIB) à la finalisation de la transaction. L'État, déjà détenteur de 15 % du capital de Kiaka SA, verrait ainsi sa participation portée à 40 % d'ici la fin de l'année 2026.
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Le décret, qui fait suite au Conseil des ministres du 19 février au cours duquel le projet avait été examiné, fixe à 70 milliards FCFA — soit environ 175 millions de dollars australiens — la valeur de cette prise de participation additionnelle. C'est un tournant dans le secteur minier burkinabè et probablement la plus importante participation directe de l'État dans un actif minier privé du pays. Une opération d'envergure qui confirme la volonté de Ouagadougou d'accroître son contrôle sur les ressources extractives nationales, alors que l'or demeure de loin la première source de devises du pays.
Pour WAF, la publication du décret dissipe l'incertitude qui pesait sur l'actionnariat de Kiaka. Le président exécutif et directeur général du groupe, Richard Hyde, a qualifié les discussions avec la SOPAMIB ‘'d'approfondies et rigoureuses'', précisant que les deux parties avaient également exploré des opportunités de partenariat à long terme sur d'autres projets aurifères avancés figurant dans le portefeuille de la société publique burkinabè. WAF vise une finalisation de la transaction avant la fin de l'année 2026. Le groupe a par ailleurs tenu à rassurer le marché que ses autres actifs au Burkina Faso, Sanbrado et Toega, ne font l'objet d'aucune demande supplémentaire de l'État et ne sont pas mentionnés dans le décret.
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Les liquidités issues de la cession de cette participation de 25 % ne resteront pas dans les caisses du groupe. WAF a annoncé son intention de les redistribuer intégralement à ses actionnaires sous la forme d'un dividende exceptionnel, une décision qui intervient alors que le groupe affichait déjà un niveau de trésorerie record à l'issue du premier trimestre 2026, selon le communiqué.
Située à environ 110 kilomètres au sud-est de Ouagadougou, la mine de Kiaka s'impose comme l'un des actifs aurifères les plus stratégiques du Burkina Faso. Elle a produit son premier lingot en juin 2025 et dispose de réserves estimées à 4,8 millions d'onces, soit près de 136 tonnes. Avec une production annuelle projetée à 234 000 onces (6,6 tonnes) sur au moins vingt ans, le site représente une source de revenus durable pour le budget national.
Au-delà du cas Kiaka, la montée au capital de l'État illustre une transformation plus profonde du modèle minier burkinabè : d'un simple percepteur de redevances, Ouagadougou entend désormais s'imposer comme actionnaire de référence sur ses projets les plus structurants, directement exposé aux performances et aux risques du marché de l'or.
Rappelons qu'en 2025, la société australienne WAF a engrangé un bénéfice de 229 milliards FCFA soit 567 millions de dollars australiens pour un chiffre d'affaires de 622,3 milliards FCFA ( 1,54 milliards australiens).
Fanuelle YAO
Publié le 21/04/26 11:58
La Rédaction
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