La Société nationale des hydrocarbures (SNH) a sécurisé un financement bancaire de 120 milliards de FCFA auprès d'un pool bancaire conduit par BGFIBank Cameroun, afin de couvrir sa participation dans le projet de raffinerie CSTAR à Kribi. L'accord a été formalisé le 5 mai 2026 à Yaoundé.
" Le mandat a été le document qui nous permettait de lever le financement nécessaire (…) la présidente du Conseil d'administration a parlé de 120 milliards de FCFA que nous avons mobilisés à travers nos partenaires bancaires (…) Afriland First Bank, CCA Bank, SCB Cameroun et BICEC. C'est à travers ce réseau que nous avons pu mobiliser aujourd'hui cette enveloppe, mise à la disposition de la SNH pour le projet CSTAR ", a déclaré Abakal Mahamat, directeur général de BGFIBank Cameroun, en présence de Nathalie Moudiki, représentant l'administrateur directeur général de la SNH.
Ce financement correspond à l'apport financier de la SNH dans un projet industriel dont le coût global est estimé à environ 360 milliards de FCFA pour la seule raffinerie, et à plus de 540 milliards de FCFA en incluant un terminal de stockage stratégique. Implantée dans la zone industrialo-portuaire de Kribi, sur un site d'environ 250 hectares à Mborrô, la raffinerie CSTAR doit constituer la deuxième capacité de raffinage du Cameroun après la Sonara, dont les activités sont interrompues depuis l'incendie de 2019. Le projet est porté par une société réunissant la SNH, sa filiale Tradex, ainsi que le consortium Ariana Energy et RCG, avec une répartition du capital estimée à 49 % pour Ariana Energy, 31 % pour Tradex et 20 % pour la SNH.
Sur le plan technique, les données communiquées par les promoteurs indiquent que l'unité démarrera avec une capacité de 10 000 barils par jour à partir de fin 2026, avant d'atteindre 30 000 barils par jour à l'horizon 2027-2028. La production annuelle attendue est évaluée à environ 1,5 million de tonnes métriques. Le schéma de production repose principalement sur le traitement de bruts camerounais, notamment les grades Kolé et Ebomé. Les projections internes évoquent des revenus annuels d'environ 1 milliard de dollars (près de 580 milliards de FCFA), pour des coûts d'exploitation estimés à 66 millions de dollars.
Au-delà de l'unité de raffinage, le projet intègre également un terminal de stockage d'une capacité comprise entre 250 000 et 300 000 mètres cubes. Cette infrastructure est destinée à accueillir plusieurs types de carburants, dont l'essence, le gasoil, le Jet A1 et le fuel lourd. Elle vise à constituer des stocks de sécurité et à alimenter le marché sous-régional depuis le port en eau profonde de Kribi, selon les données fournies par Tradex et la SNH.
Perton Biyiha
Publié le 06/05/26 11:37
La Rédaction
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CEMAC