La société américaine Aeternum Resources a annoncé, le 25 septembre 2026, la conclusion d'un accord visant à acquérir la totalité des parts d'American Renaissance Minerals (ARM), le véhicule qui porte le projet de cobalt-nickel-manganèse de Nkamouna, dans l'Est du Cameroun, selon un communiqué diffusé par GlobeNewswire. Signé le 21 septembre, cet accord remplace l'option portant sur 51 % d'ARM qu'Aeternum avait acquise le 7 août dernier et lui confère désormais le contrôle intégral de la société.
Cette prise de contrôle intervient alors qu'ARM négocie depuis plusieurs mois avec les autorités camerounaises l'obtention d'un nouveau titre minier sur Nkamouna,"libre de toute charge antérieure". Le gisement était auparavant détenu par Geovic Cameroon, dont le permis minier a été retiré en février 2025.
Le dossier a ensuite été transféré à la Société nationale des Mines (Sonamines), qui a lancé deux appels internationaux pour rechercher un partenaire. Ces procédures sont toutefois restées sans suite, faute de candidatures répondant aux critères fixés, selon un communiqué publié par la société publique le 18 août.
Dans ce contexte, Aeternum présente la consolidation de la propriété du projet au sein d'une seule entité comme un moyen de simplifier la structure d'ARM avant une éventuelle attribution du nouveau permis. La transaction prévoit l'émission, par étapes et en fonction de l'atteinte de plusieurs jalons du projet, de jusqu'à 133,33 millions d'actions ordinaires. Si la limite de détention prévue dans l'accord l'exige, ces titres pourront être remplacés par des bons préfinancés donnant accès à des actions.
L'opération ne se limite toutefois pas à un changement de contrôle. L'actionnaire d'ARM continuera de soutenir les démarches engagées auprès du gouvernement américain afin d'obtenir un financement pour le développement du projet. Les deux parties prévoient également de coopérer sur de futures opportunités dans le secteur minier. Le directeur général d'Aeternum, Josua Oosthuizen, a justifié cette prise de contrôle totale par la volonté de " construire cette mine et la construire rapidement ".
Un gisement convoité depuis plusieurs décennies
Nkamouna est présenté par Aeternum comme l'un des plus importants gisements de cobalt, de nickel et de manganèse encore non développés au monde. Une étude de faisabilité publiée en 2011 évaluait les réserves prouvées et probables à 68,1 millions de tonnes, avec des teneurs moyennes de 0,3 % de cobalt, 0,7 % de nickel et 1,5 % de manganèse.
Les estimations avancées par la Sonamines sont plus élevées. La société publique évoque un potentiel de plus de 100 millions de tonnes de réserves réparties sur cinq sites.
Le schéma retenu par Aeternum prévoit l'installation d'un concentrateur directement sur le site minier afin de produire un concentré exportable, plutôt que d'expédier du minerai brut. L'entreprise entend ainsi maintenir une première étape de transformation au Cameroun.
La conception de cette unité devrait s'appuyer sur une usine modulaire de séparation gravimétrique déjà en construction au Nigeria, où Aeternum développe parallèlement un projet consacré à l'étain, au niobium et au tantale.
Le financement constitue désormais l'un des principaux enjeux du projet. Selon l'ambassade des États-Unis à Yaoundé, ARM avait évoqué un investissement initial de 85 millions USD, soit environ 48,5 milliards FCFA, pour la construction d'une première unité modulaire de traitement. La société prévoyait alors une mise en production dans les 18 mois suivant l'entrée en vigueur du nouveau permis minier.
Ce montant diffère toutefois de celui annoncé lors de l'accord d'option conclu en août. À cette occasion, Aeternum s'était engagé à investir 10 millions USD, soit environ 5,45 milliards FCFA, dans ARM en contrepartie d'une participation de contrôle de 50,1 %.
Claude Paul Tjeg
Publié le 26/09/26 08:29
La Rédaction
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