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Cameroun/Cobalt-nickel-Manganèse : Les américains Aeternum et ARM pour relancer le stratégique gisement de Nkamouna

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Aeternum Resources a obtenu une option lui permettant d'acquérir 51 % d'American Renaissance Minerals (ARM), la société qui cherche à reprendre le projet après le retrait, en février 2025, du permis détenu par Geovic Cameroon Plc. Annoncée le 7 août à Washington, l'opération ne constitue pas encore une prise de participation effective. Pour obtenir cette option, Aeternum a remis à Manaslu LLC 50 millions de ses actions ordinaires et 2 millions d'actions privilégiées de série B.

Si elle est exercée, Aeternum deviendra l'actionnaire majoritaire d'ARM et apportera des capitaux ainsi que son expérience en ingénierie au développement de Nkamouna. ARM mène de son côté les démarches auprès des autorités camerounaises pour obtenir un nouveau permis minier, notamment avec le ministère des Mines, de l'Industrie et du Développement technologique (MINMIDT) et la Société nationale des mines (SONAMINES). Le projet doit donc encore franchir cette étape réglementaire avant de pouvoir renouer avec la perspective d'une exploitation.

Tourner la page de Geovic

Nkamouna a été développé pendant près de trois décennies par Geovic Cameroon Plc, majoritairement détenue par Geovic Ltd. Le projet a fait l'objet de travaux géologiques, d'une étude de faisabilité, d'essais métallurgiques et d'études environnementales et sociales, sans jamais atteindre le stade de la production. Le permis a finalement été retiré en février 2025, Geovic n'ayant pas réussi à réunir les financements nécessaires à la mise en production du gisement.

ARM a ensuite engagé des démarches pour reprendre le projet. Selon un communiqué de la société, elle a conclu en janvier 2026 un accord avec Geovic Ltd. pour obtenir sous licence les informations techniques historiques relatives à Nkamouna, notamment la base de données géologiques, l'étude de faisabilité et les études environnementales et sociales.

Le même communiqué indique que Geovic doit renoncer à toutes ses revendications concernant le projet. ARM entend ainsi s'appuyer sur les travaux réalisés au cours des trois dernières décennies dans sa démarche pour obtenir un nouveau permis. " Nkamouna est précisément le type d'actif pour lequel notre stratégie a été conçue. Il s'agit d'une importante ressource en minerais critiques, bien caractérisée, qui a bénéficié de trois décennies de travaux techniques et n'a jamais été mise en production ", a déclaré Josua Oosthuizen, directeur général d'Aeternum.

Une ressource historique à réévaluer

Nkamouna couvre environ 1 650 km² et doit être exploité à ciel ouvert pour le cobalt, le nickel et le manganèse. Selon les données présentées dans le communiqué, les travaux historiques font état de 323 millions de tonnes de minerai, avec des teneurs moyennes de 0,21 % de cobalt, 0,61 % de nickel et 1,26 % de manganèse. Environ 121 millions de tonnes étaient classées dans les catégories mesurées et indiquées. 

Nkamouna s'inscrit dans un marché stratégique marqué par une forte concentration des approvisionnements. La République démocratique du Congo représentait environ les trois quarts de la production minière mondiale de cobalt en 2024, tandis que la Chine domine le raffinage de ce métal.

Pour le nickel, l'Indonésie concentre une part croissante des nouvelles capacités de production, avec une présence importante d'intérêts chinois. Les États-Unis importent environ 76 % du cobalt qu'ils consomment et ne disposent que d'une seule mine de nickel en activité. Le nickel et le cobalt figurent ainsi sur leur liste des minerais critiques.

Transformer le minerai au Cameroun

ARM et Aeternum prévoient de construire un concentrateur directement sur le site minier afin de produire un concentré exportable de cobalt, de nickel et de manganèse, plutôt que d'expédier le minerai brut. Selon les promoteurs, cette transformation locale doit permettre de conserver une partie de la valeur ajoutée au Cameroun et de créer des emplois ainsi que des débouchés pour les fournisseurs locaux.

Aeternum compte s'appuyer sur l'expérience acquise au Nigeria, où elle construit une usine de séparation gravimétrique sur son projet du plateau de Jos, dont la mise en service est attendue au quatrième trimestre 2026. Selon le groupe, cette expérience doit faciliter le passage des études à la construction et réduire les risques d'exécution.

L'opération s'inscrit dans la stratégie d'Aeternum visant, selon ses propres termes, à constituer un portefeuille de projets dans plusieurs pays afin de devenir un fournisseur de minerais critiques pour les États-Unis et leurs alliés.

Le groupe estime que la demande de nickel et de cobalt devrait progresser avec l'électrification, le stockage d'énergie, l'aéronautique, la défense et le développement des centres de données. Selon les informations communiquées par Aeternum et ARM, Nkamouna bénéficie également du soutien d'un programme américain destiné à promouvoir les intérêts commerciaux des entreprises américaines engagées dans des projets stratégiques à l'étranger.

Perton Biyiha 

Publié le 10/08/26 10:43

La Rédaction

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