L'activité économique en Afrique centrale repose désormais principalement sur le dynamisme des entreprises privées. Selon la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), l'Indice composite des activités économiques (ICAE) de la CEMAC a progressé de 5,9% sur un an au deuxième trimestre 2026, contre 5,1% au trimestre précédent. Cette accélération a été portée par le secteur privé, dont les performances ont compensé la faiblesse des dépenses publiques d'investissement.
Au Cameroun, premier moteur économique de la sous-région, les télécommunications, les services financiers mobiles, le commerce et certaines industries manufacturières ont soutenu l'activité. Cette dynamique a également bénéficié de la hausse des revenus de la filière cacao, qui a renforcé la consommation intérieure. Au Gabon, les transports ferroviaires et portuaires, le commerce et le manganèse ont contribué à maintenir l'activité, tandis que le Congo a profité de nouveaux investissements pétroliers et gaziers.
À l'inverse, la contribution du secteur public est restée limitée. La BEAC souligne que les efforts de consolidation budgétaire et l'insuffisante exécution des investissements ont freiné la commande publique, particulièrement au Cameroun et au Gabon. Cette situation a pesé sur les entreprises du bâtiment, les fournisseurs de matériaux de construction, les transporteurs et les prestataires de services dont l'activité dépend des chantiers publics.
La progression économique demeure toutefois inégalement répartie. Le Cameroun a contribué à hauteur de 3,8 points à la hausse de l'indice régional, devant le Tchad avec 1,2 point. Le Gabon et le Congo n'ont apporté respectivement que 0,4 et 0,3 point. Par ailleurs, les difficultés d'approvisionnement énergétique et les contraintes logistiques continuent d'alourdir les coûts d'exploitation et de peser sur la rentabilité des entreprises dans plusieurs pays.
La BEAC anticipait une accélération de son indice d'activité à 8,5% au troisième trimestre 2026. Les télécommunications, le commerce, les services et les activités agro-industrielles devraient rester les principaux soutiens de cette progression. Le démarrage progressif de projets publics d'infrastructures pourrait également renforcer la demande adressée aux entreprises, après plusieurs mois marqués par une faible exécution des programmes d'investissement.
Idrissa Diakité
Publié le 17/10/26 11:54
La Rédaction
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CEMAC